Pour le grand public, la disparition prochaine du Trophée Andros passera probablement inaperçu. Il n’empêche, c’est une belle page du sport automobile français qui se tourne et il y a de quoi avoir le pincement au cœur.

 

Lancée, en 1990, par le pilote Max Mamers (quatre titres de champion de France, dont deux en Rallycross) et le patron de la société Andros, Frédéric Gervoson, cette compétition avait pour but de voir les meilleurs pilotes français (et quelques invités) s’affronter dans les plus célèbres stations de sports d’hiver de l’Hexagone, au volant de petites voitures, puissantes, à quatre roues motrices. C’était aussi l’occasion pour Gervoson de faire connaître sa marque qui n’avait pas atteint son succès actuel.

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La superfinale du Trophée Andros s'est tenue au Stade de France à de multiples reprises. Il fallait installer 700 tonnes de glace pour permettre à l'évènement d'avoir lieu.

Malheureusement, cette compétition sympathique qui occupait les pilotes durant la pause hivernale n’existera plus. Mamers a récemment annoncé que l’édition 2023/2024 sera la dernière. Pour lui, c’est principalement le brusque changement climatique qui a sonné le glas du Trophée Andros, comme il l’a expliqué au site La Montagne : 

"Nous avons pris la décision d’arrêter il y a cinq ans. Les hivers se raccourcissent, les pistes constituées uniquement d’eau fondent certaines nuits parce qu’il ne fait plus assez froid. L’avenir climatique à moyen terme ne permet plus d’avoir un Trophée sous cette forme."

On aurait pu croire que le plateau 100 % électriques de la course Elite (depuis 2020) a fini de creuser la tombe de épreuve conviviale, renommé e-Trophée Andros, mais l’organisateur réfute cette théorie :

"On se devait de réduire nos émissions de CO2 mais aussi les nuisances sonores. Nos courses se déroulent majoritairement dans des parcs ou espaces naturels donc il a fallu s’adapter. Cela a aussi eu de bons côtés puisque les voitures électriques sont une à deux secondes plus rapides que les thermiques sur un tour. La puissance arrive beaucoup plus rapidement, à tel point que certains pilotes ont demandé à rester à 300 ch car nous avions la capacité de monter à 500."

 

Yvan Muller ne sera pas battu

La fin du Trophée Andros met également un terme à de belles aventures humaines ainsi qu’à de jolies performances qui resteront, pour certaines, inégalées. On pense notamment aux dix titres de Yvan Muller (quadruple champion du monde des voitures de tourisme), décrochés entre 1996 et 2006. Il est suivi par Jean-Philippe Dayraut et Jean-Baptiste Dubourg qui comptent, tous les deux, six titres. Alain Prost (quadruple champion du monde de Formule 1) en a également obtenu trois en 2007, 2008 et 2012.

En plus des nombreux pilotes professionnels, quelques célébrités françaises sont venues se tester sur les pistes gelées comme Jean-Pierre Pernaut, Gérard Holtz, Vincent Lagaf ou encore Bixente Lizarazu. Max Mamers espère pouvoir recréer un autre championnat, dans le futur, mais sous une forme différente pour s’adapter à l’évolution des conditions de glace mais aussi au public. En attendant, la dernière édition du Trophée Andros aura lieu le week-end des 9 et 10 décembre, dans la station de Val Thorens, à 2 200 m d'altitude.