Le Maire : l’industrie automobile européenne "peut être rayée de la carte"
L’ancien ministre a confié son point de vue lors d’une commission d’enquête sur la réindustrialisation.
L’ancien ministre de l’Économie Bruno Le Maire a confié, lors d’une audition auprès d’une commission d’enquête de l’Assemblée nationale, ses craintes pour l’industrie automobile française et européenne dans cette phase de transition vers l’électrique.
Ministre de l’économie et des finances durant sept ans et demi, depuis l’arrivée à la présidence d’Emmanuel Macron, Bruno Lemaire a officié au sein des gouvernements Philippe, Castex, Borne puis Attal.
Aujourd’hui consultant stratégique pour le groupe néerlandais ASML, acteur majeur dans le domaine des semi-conducteurs, l’ancien ministre a été auditionné ce jeudi 12 juin dans le cadre d’une commission d’enquête sur la réindustrialisation.
"Je suis très préoccupé pour notre industrie automobile", a-t-il indiqué lors de cette audition, des propos rapportés par BFM TV. "Si nous ne réagissons pas vite et fort la filière peut être rayée de la carte en quelques années."
"Il y a urgence à permettre à notre industrie d'être dans la course", a-t-il ajouté, évoquant la menace grandissante des constructeurs chinois, BYD en tête, alors que l’Union Européenne a fixé l’interdiction des véhicules à moteur thermique en Europe à l’horizon 2035.
"Nous sommes aujourd'hui à 18% de part de marché sur le véhicule électrique", rappelle-t-il. "Nous ne tiendrons pas l'objectif de 2035. Il faut du pragmatisme avant que la fusée ne se crashe."
Récemment, Luc Chatel, lui aussi ancien ministre (de l’éducation) et actuel président de la Plateforme automobile, s’était dit lui aussi inquiet pour l’avenir de l’industrie automobile européenne, dans l’optique de la fin du thermique d’ici dix ans.
Faire venir les constructeurs chinois en France
De son côté, Bruno Le Maire ne veut pas remettre en question la date butoir de 2035, mais préfère ouvrir la porte à d’autres alternatives, notamment l’hybride rechargeable.
Il plaide également pour accueillir les constructeurs chinois sur le sol français, mais dans une optique de mutualisation technologique avec des acteurs européens de l’industrie. "Pour garder notre industrie automobile, nous n'aurons pas d'autre choix que de faire venir des constructeurs chinois en France", continue Bruno Lemaire. "Mais ils doivent venir à nos conditions."
"Il va falloir imposer aux constructeurs chinois ce que la Chine a imposé aux constructeurs européens au XXème siècle, je pense notamment à des joint-ventures, aux transferts de technologie et aux clauses de contenu local. Nous devons les copier et nous inspirer d'eux"
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