Le rival chinois de Rolls-Royce aurait trouvé un raccourci pour entrer en Europe
Hongqi, autrefois connue comme la marque automobile préférée du président Mao, pourrait utiliser une usine Stellantis en Espagne pour accélérer son offensive européenne sur les véhicules électriques.
Pendant des années, les constructeurs européens redoutaient qu’il ne soit qu’une question de temps avant que les marques chinoises n’inondent le continent de véhicules électriques bon marché, produits en très grandes séries dans d’immenses usines en Chine. Mais le scénario s’est complexifié lorsque certaines d’entre elles ne se sont plus contentées de vendre des voitures en Europe : elles veulent aussi les y fabriquer. Le dernier prétendant en date est Hongqi, la marque chinoise premium opérée par FAW.
À la différence de certains constructeurs chinois qui souhaitent disposer de leurs propres sites pour fabriquer des voitures en Europe, Hongqi adopte une autre approche. Reuters indique que la marque est actuellement en discussion avec Stellantis pour produire des véhicules dans l’une des usines espagnoles du groupe, dans le cadre d’un plan d’expansion plus large en Europe. Ces échanges seraient pilotés via Leapmotor, le constructeur chinois de VE dont FAW et Stellantis sont tous deux actionnaires.
Hongqi n’est pas une marque chinoise comme les autres. Son nom se traduit par « drapeau rouge » ou « bannière rouge » et elle est de longue date associée aux limousines officielles destinées aux responsables du Parti communiste chinois. Fondée en 1958, elle était considérée par le président Mao Zedong comme la marque automobile nationale de la Chine, ce qui lui confère un héritage très différent de celui de marques bien plus récentes comme BYD ou Nio. Une histoire plus politique et plus chargée que celle de la plupart de ses concurrentes.
Reste à voir si ce passé pourrait freiner les acheteurs européens, mais la marque affiche de grandes ambitions sur le continent et ses modèles semblent convaincants. L’entreprise veut lancer 15 modèles électriques et hybrides en Europe d’ici 2028, et vise plus de 1 million de ventes annuelles d’ici 2030, avec au moins 10% réalisées en dehors de la Chine.
Reuters souligne que Hongqi souhaite fabriquer localement toutes les voitures qu’elle vendra en Europe, et qu’au moins une partie pourrait sortir de l’usine Stellantis de Saragosse (Espagne). C’est là que Stellantis devrait produire son SUV électrique développé conjointement avec Leapmotor. Cette marque utilise déjà des installations Stellantis pour assembler en Europe des modèles comme la T03 et ainsi contourner les droits de douane à l’importation imposés par l’Union européenne sur les véhicules venus de Chine.
Hongqi pourrait également recourir à une plateforme Leapmotor pour ses modèles européens, après la signature l’an dernier d’un accord d’approvisionnement en plateformes entre les deux acteurs. Reuters cite une source proche du dossier, restée anonyme, qui déclare : « C’était la manière pour Hongqi de lancer rapidement une production en Europe. Hongqi utilise ce réseau pour se constituer une base industrielle via Leapmotor et Stellantis. »
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