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Pourquoi Stellantis a arrêté la gigafactory de batteries de Termoli

Selon le CEO Antonio Filosa, la coûteuse chimie NMC a dicté l’arrêt du projet de cellules pour voitures électriques.

La gigafactory de Termoli
Photo: Stellantis

Une question de chimie. Le CEO de Stellantis, Antonio Filosa, a rencontré les commissions réunies Activités productives de la Chambre des députés et Industrie du Sénat afin de faire un point sur la situation du groupe automobile en Italie et en Europe.

Au cœur de ce – long – échange avec les parlementaires figure aussi le dossier Termoli, site de production de boîtes de vitesses et de moteurs appelé à être converti en gigafactory de batteries pour véhicules électriques, avec une capacité visée de 40 GWh par an.

Le projet devait être porté par  ACC (Automotive Cells Company), coentreprise entre Stellantis, Mercedes et TotalEnergies, qui a toutefois annoncé en février l’arrêt du projet au motif que « le marché des véhicules électriques progresse moins rapidement que prévu ».

Batteries : le vrai sujet, c’est le coût

Mais, selon le groupe, le véritable problème tenait à la chimie des cellules envisagées pour l’usine du Molise, la fameuse NMC (nickel-manganèse-cobalt), « dont les volumes – explique Filosa – sont en train de diminuer » en raison de leur « coût ». L’avenir de la voiture électrique reposerait plutôt sur la chimie lithium-fer-phosphate (LFP), moins chère.

« Ce que nous faisons désormais à Termoli – poursuit le CEO – c’est deux choses : nous y amenons les transmissions eDCT, qui seront montées sur tous les moteurs hybrides et électriques que nous produirons en Europe et ailleurs, ainsi que les moteurs GSE (ou FireFly, ndlr) ».

Antonio Filosa, CEO de Stellantis, au Parlement
Photo : Stellantis

L’avenir dépend aussi du prix de l’énergie

Une fois le sujet clarifié, la question devient : « Y aura-t-il une gigafactory en Italie ? D’abord, il faut se demander s’il existe aujourd’hui une demande de batteries en Italie. Si l’on regarde l’Europe, les voitures équipées de batteries représentent 20 % », contre « 10 % » dans notre pays.

« Aujourd’hui, le marché italien ne va pas dans la direction du 100 % électrique. Pour l’avenir, je ne sais pas. Je suis sûr que les voitures électriques se vendront bien ; on verra si les batteries pourront être produites plus près ou plus loin de Pomigliano d’Arco », où Stellantis fabriquera deux ou trois modèles zéro émission abordables.

Mais une opération de ce type nécessitera, en plus de « ceux de Stellantis », « d’autres investissements ». En premier lieu, une baisse du coût de l’énergie. Un exemple ? « En Espagne, nous payons 90 euros par mégawattheure ; en Italie, nous payons 205 €/MWh ». Or, « pour produire des batteries, la consommation d’énergie est très élevée ».