Avec plus de 850'000 modèles produits en l'espace de sept années de carrière, la première génération de Peugeot 3008 aura été clairement l'un des véritables best-sellers de la marque. Pourtant si décriée à sa sortie en raison d'un style pour le moins original, la 3008 aura, au fil des années et des restylages, trouvé son public. L'arrivée de la seconde génération était donc attendue d'autant plus que le concept-car Peugeot Quartz, qui préfigurait le style des futurs SUV au Lion, fut accueilli de fort belle manière à sa révélation au Mondial de Paris 2014.

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C'est donc sur les routes de Toscane que Peugeot nous a conviés afin de prendre en main la nouvelle Peugeot 3008 sous différentes motorisations. Après notre essai plus tôt ce mois-ci de la version GT, nous avons choisi de prendre en main les versions les plus conventionnelles que sont les 1,6 litre BlueHDI 120 chevaux et les 1,6 THP 165 chevaux associés respectivement à une boîte mécanique à six rapports et à une boîte automatique EAT6.

Essai Peugeot 3008 II

Le look... elle l'a !

Nous pouvons d'ores et déjà affirmer sans trop se mouiller que le design n'a absolument plus rien à voir avec la précédente génération. Plus sculpturale, statutaire, et plus galbée, la seconde génération de 3008 se germanise, tout en y associant l'ensemble des nouveaux codes esthétiques des nouvelles Peugeot. On y retrouve de nouvelles optiques avant et arrière à l'identité forte, une calandre verticale proéminente, un nouveau bandeau noir laqué qui vient relier les deux optiques arrière, ou encore de multiples pincements de carrosserie venant accentuer l'agressivité du modèle.

Si l'évolution est globalement positive, certains éléments nous laissent cependant dubitatifs, notamment la jonction entre certains éléments de carrosserie qui aurait, pour le coup, mérité un traitement plus germanique. De plus, le bandeau noir laqué qui relie les deux optiques arrière a une fâcheuse tendance à marquer, très rapidement en plus de ça, nous laissant là aussi perplexe pour son évolution dans le temps.

Esthétiquement, la voiture est indéniablement réussie mais son design n'est pas forcément au service de la sécurité. Explication : la ceinture de caisse étant assez haute (afin de lui donner cet aspect dynamique et statutaire), tout cela empiète logiquement sur la surface vitrée. Et si d'habitude c'est la lunette arrière qui souffre le plus, là ce n'est pas seulement la lunette arrière, c'est aussi toute la surface vitrée latérale. La visibilité est donc le point faible de cette nouvelle Peugeot 3008, néanmoins Peugeot intègre des éléments d'aides aux manœuvres avec des caméras pour une vision à 360 degrés notamment, ou encore les radars avant et arrière. Mais globalement, cet élément reste à mes yeux le point noir de la voiture. À noter que Peugeot renoue enfin avec le toit ouvrant et propose cette option à son catalogue maintenant, en lieu et place du simple toit vitré panoramique fixe.

Essai Peugeot 3008 II

Un i-Cockpit entièrement repensé

La Peugeot 3008, en plus de se démarquer à l'extérieur, se démarque maintenant à l'intérieur en reprenant l'i-Cockpit, désormais sous son ultime évolution. Les bases de l'i-Cockpit inauguré sur la Peugeot 308 y sont, mais globalement tout a changé ! On y retrouve un volant d'un petit diamètre désormais équipé de deux méplats, un nouveau levier de vitesses dont la commande semble inspirée de l'aéronautique -du moins pour la boîte automatique-, des nouvelles touches "Piano" (les Toggles Switches) pour naviguer à travers les différents menus de l'écran central, et enfin une planche de bord sculptée, comme taillée à la serpe, avec des matériaux plus ou moins qualitatifs qui viennent recouvrir le bandeau de planche de bord ou les contre-portes.

La grosse nouveauté chez Peugeot, c'est l'arrivée, en lieu et place des compteurs physiques, d'une instrumentation 100% digitale via l'intégration d'une dalle numérique de 12,3 pouces. On peut ainsi y retrouver les compteurs classiques mais également y ajouter la navigation, les données liées à la conduite, la gestion des aides à la conduite et le téléphone, sans jamais déporter son regard vers l'écran de la console centrale. On apprécie d'ailleurs particulièrement les multiples cinématiques très modernes à chaque changement d'affichage.

Essai Peugeot 3008 II
Essai Peugeot 3008 II
Essai Peugeot 3008 II

Au centre, nous retrouvons un nouvel écran tactile de 8 pouces dont la forme et l'incorporation nous font penser à celui d'une BMW. Fort heureusement, il n'y a que l'incorporation qui y ressemble, puisque le système en lui-même a bien évolué et la navigation entre les menus est aujourd'hui bien plus agréable et fluide. On y retrouve logiquement la navigation standard, la musique, le bluetooth, la gestion de la ventilation et des systèmes d'aides à la conduite, mais aussi, et c'est une nouveauté, la possibilité de changer d'ambiance avec une ambiance "Boost" pour une conduite dynamique, et une ambiance "Relax" pour une conduite apaisée.

Au niveau de l'habitabilité c'est dans la moyenne du segment, on retrouve un coffre de 520 litres (soit 159 litres de plus que la première génération) et un bel espace aux jambes où mon mètre 82 s'y est faufilé sans soucis. On regrettera simplement l'absence de banquette coulissante, contrairement au Volkswagen Tiguan.

Globalement, dans cet habitacle, nous vivons une véritable expérience que nulle autre voiture aujourd'hui ne peut nous procurer. C'est une sorte d'alliance entre la conduite et le bien-être de son salon grâce à l'utilisation de matériaux et de décors à l'aspect contemporain comme le bois, le textile ou encore le chrome satiné. Même si certains détails, matériaux et assemblages peuvent parfois encore décevoir, le contrat est rempli. Peugeot s'offre même le luxe de proposer en option un système audio "Focal" d'une excellente qualité sonore, et français qui plus est. Le son distillé est clair et limpide, et ne sature qu'à vraiment haute intensité. Il n'égale pas le système audio "Bowers & Wilkins" des récentes Volvo, mais est clairement au dessus de n'importe quel autre système audio embarqué du segment de la Peugeot 3008.

Essai Peugeot 3008 II

À l'épreuve de la route

Nous avions déjà eu la chance de prendre en main la nouvelle Peugeot 3008 dans sa version GT un peu plus tôt ce mois-ci, nous allons donc plutôt nous intéresser aux versions plus conventionnelles avec deux motorisations en particulier : le diesel 1,6 litre BlueHDI 120 chevaux en boîte manuelle et l'essence 1,6 litres THP 165 chevaux en boîte automatique. Un mot tout de même sur la version GT équipée d'un 2,0 litres BlueHDI de 180 chevaux qui nous a particulièrement surpris par son agilité mais également par son comportement dynamique -sans être un foudre de guerre cependant- et l'absence de roulis habituellement prononcé sur ce type de produit haut perché.

Avec des poids compris entre 1250 et 1465 kilos à vide sur la balance, la Peugeot 3008 est un poids plume parmi ses concurrentes, et nous devons cela à l'incorporation de la plateforme modulaire EMP2 qui permet un gain de poids non négligeable et améliore qui plus est le comportement routier. De plus, sur toutes les versions essayées durant ces phases de tests, même si le comportement s'avère bel et bien différent selon les versions, nous retrouvons toujours au moins une similitude : le toucher de route Peugeot.

Essai Peugeot 3008 II
Essai Peugeot 3008 II
Essai Peugeot 3008 II

Débutons notre test par le modèle cœur de gamme, la version diesel de 120 chevaux qui représentera la majorité des ventes avec le bloc essence 1,2 litre PureTech de 130 chevaux. Souple et coupleux à bas régime, la voiture se comporte plutôt correctement à usage conventionnel. Les relances sont bonnes, sans extravagances, et la boîte mécanique de notre version d'essai (la boîte automatique est également disponible sous cette motorisation) est particulièrement bien étagée et les verrouillages bien travaillés. Bien entendu, ce moteur est avant tout un bloc destiné à minimiser au maximum les consommations et les émissions de CO2. Le contrat est rempli puisque nous avons relevé en réel des consommations qui oscillaient autour de 6,0 l/100 km avec des rejets annoncés à 111 g/km.

Notre second modèle d'essai, équipé du bloc essence 1,6 litres THP de 165 chevaux associé à la boîte automatique nous a particulièrement déçu en revanche. Au delà de consommations supérieures à 9,0 l/100 km, le moteur que nous apprécions particulièrement sous le capot des DS 3 et Peugeot 208 s'avère bien plus poussif et bien moins démonstratif dans la Peugeot 3008. Ajoutons à cela une boîte de vitesses qui peine à gérer ses passages de rapports et un bruit du moteur omniprésent dans l'habitacle, pour au final une association moteur-boîte pas vraiment convaincante. Pourtant, la boîte EAT6 à convertisseur de couple est à l'accoutumée plutôt bonne avec des passages de rapports doux et rapides, mais ici, elle ne fait pas bon ménage avec le THP 165. A contrario, elle s'avère bien plus réactive et agréable au sein de la version GT de 180 chevaux.

Peugeot a décidé de jouer la carte de la transparence au niveau des consommations affichées et communiquera à ses clients dès à présent les véritables données lors d'une utilisation conventionnelle de la voiture.

Hormis cela, nous n'avons noté aucune particularité au niveau de la direction, bien calibrée, le freinage est tout aussi bon et endurant et le confort est bien au rendez-vous même s'il n'égale pas celui d'un Citroën C4 Picasso par exemple. Les aspérités et les bosses des routes toscanes sont bien absorbées, la suspension en plus d'être bien tarée n'est pas pompeuse et permet de virer quasiment à plat à chaque virage. Le roulis est bien maitrisé, sur la version GT il est pratiquement inexistant par exemple, il devient un peu plus prononcé sur les versions plus conventionnelles.

En l'absence de quatre roues motrices, Peugeot propose un Advanced Grip Control, un système de motricité renforcée qui adapte la motricité de la voiture en fonction de l'adhérence de la route (avec cinq modes :  Normal, Neige, Tout-Chemin, Sable et ESP déconnecté). Aujourd'hui, il est en plus combiné au HADC (Hill Assist Descent Control), une technologie qui permet de contrôler la vitesse de la voiture en descente sur des chaussées à l'adhérence précaire ou sur des descentes prononcées. Nous avons eu l'opportunité de l'essayer sur une pente à 35%, le système fonctionne plutôt bien et gère seul le freinage et l'accélération. Il vous suffit simplement de vous mettre au point mort, d'arrêter toute intervention sur les pédales, et vous vous laissez transporter par votre voiture qui gérera automatique tout le processus de descente.

Essai Peugeot 3008 II

Conclusion

Peugeot persiste et signe avec sa nouvelle 3008 qui vient incontestablement jouer des coudes avec les références du marché. Elle devrait très logiquement venir prendre la place de n°1 au Renault Kadjar dès l'année prochaine au niveau des ventes de SUV en France tant elle se rapproche des standards germaniques qui, nous le savons, nous sont aussi chers. Les Volkswagen Tiguan et le récent SEAT Ateca semblent aujourd'hui les deux seules vraies alternatives dans ce segment, mais la Peugeot 3008 gardera sûrement une longueur d'avance grâce à son design et sa montée en gamme non négligeable.

À lire : Essai Volkswagen Tiguan II – L'évolution que l'on attendait

Disponible à partir de 25'900€, la nouvelle Peugeot 3008 est 1180€ plus cher qu'un Renault Kadjar et 360€ plus onéreux qu'un Volkswagen Tiguan en entrée de gamme. Le Kadjar restera logiquement moins cher à équipements et motorisations équivalentes, mais l'écart entre les deux produits est parfaitement justifié et il est même parfois surprenant qu'il ne soit pas plus important tant la 3008 surpasse le SUV au losange. Le Volkswagen Tiguan à équipements et motorisations similaires passera rapidement au dessus de la Peugeot 3008, mais globalement les prix arrivent à se tenir. Pour nos versions, bien équipées, il faut compter en moyenne 35'000€, et un peu plus de 41'000€ pour la version GT.

Précisons également qu'une version GT essence qui dépassera les 200 chevaux verra prochainement le jour, et que la marque au Lion, à l'occasion de la conférence de presse de ces essais, a martelé qu'il n'y aura pas de Peugeot 3008 GTi contrairement aux récentes déclarations du chef de projet du modèle, Marion David, qui avait pourtant affirmé qu'une version sportive était à l'étude et pourrait voir le jour en cas de succès du modèle GT. Affaire à suivre...

 

 

Points positifs Points négatifs
Châssis et toucher de route Qualité de certains matériaux
Design extérieur et intérieur Moteur THP 165 décevant
Habitacle spacieux et technologique Surface vitrée vraiment mince

Peugeot 3008

Motorisation Diesel BlueHDI, 4-cylindres en ligne, 16 soupapes, 1560 cm³, injection directe / Essence THP, 4-cylindres en ligne, 1598 cm³, injection directe
Puissance Diesel : 120 chevaux / 300 Nm - Essence : 165 chevaux / 240 Nm
Transmission Diesel : BVM à six rapports / Essence : BVA EAT6
Type de transmission Traction avant
Vitesse de pointe Diesel : 189 km/h / Essence : 206 km/h
0-100 km/h Diesel : 11 secondes / Essence : 9 secondes
Poids 1300 kg
Volume de coffre 520 litres - 1482 litres VDA
Places 5
Economie de carburant Diesel - Urbain : 4,9 l/100 km / Extra-urbain : 3,9 l/100 km / Mixte : 4,3 l/100 km / Essence - Urbain : 7,6 l/100 km / Extra-urbain : 5,1 l/100 km / Mixte : 6,0 l/100 km
En vente 2016
Prix de base 25'900€
Prix de la version testée Diesel : 34'900€ / Essence : 36'000€

Essai Peugeot 3008 II