Du rallye dans les gènes.

Comme nous pouvions nous y attendre, l'Abarth 124 Spider ne rencontre pas un franc succès en France, malgré un comportement et un tempérament indéniablement sportifs. Il faut dire que la firme au Scorpion s'attaque à un marché de niche et pratique des tarifs assez prohibitifs (environ 40'000 euros à son lancement) pour une petite voiture plaisir à deux places. Aujourd'hui, après un réajustement de la gamme, l'Abarth 124 Spider débute à parti de 34'500 euros, de quoi se rapprocher de sa cousine technique et rivale : la Mazda MX-5.

Avec environ 200 exemplaires qui ont trouvé preneur en France l'année passée, l'Abarth 124 Spider tentera de maintenir ses ventes en 2018 et pourra compter sur une nouvelle déclinaison. En effet, avec l'Abarth 124 GT, le petit roadster transalpin se dote d'un hard top et se rapproche de la 124 Rally, un modèle éligible aux catégories R-GT et GT+ selon les championnats. Ne voyez pas en la nouvelle 124 GT une vraie GT capable d'avaler du kilomètre dans un confort remarquable, imaginez-la plutôt sur de petites routes sinueuses à enchaîner les virages le plus rapidement possible dans un grondement assourdissant...

Essai Abarth 124 GT

Identité préservée

Les principaux changements s'articulent autour de deux points bien précis : le toit et les jantes. La nouvelle Abarth 124 GT hérite d'un toit en carbone amovible signé Mopar qui lui fait gagner 16 kilos sur la balance par rapport à une 124 Spider. Ces kilos sont en parti compensés par de nouvelles jantes OZ Ultraleggera de 17 pouces qui permettent de gagner trois kilos par jantes, soit au total 12 kilos. On retrouve évidemment de série la fameuse ligne d'échappement Record Monza qui distille une sonorité toujours assez particulière pour un quatre cylindres.

Essai Abarth 124 GT
Essai Abarth 124 GT
Essai Abarth 124 GT

À l'intérieur les changements sont imperceptibles par rapport à une 124 Spider, on retrouve toujours cette position de conduite assez basse propre aux voitures de sport. Même si les plus grands ne se sentiront pas forcément à l'aise à l'intérieur à cause de commandes trop rapprochées et de réglages de sièges assez succincts, on appréciera toutefois cette ambiance sportive où tout vous tombe sous la main sans même avoir à quitter la route des yeux. La qualité des matériaux est plutôt bonne malgré la présence de quelques plastiques durs. On soulignera toutefois les quelques éléments confectionnés d'Alcantara comme le soufflet du levier de vitesses, l'embase de la planche de bord ou encore l'accoudoir central.

Essai Abarth 124 GT
Essai Abarth 124 GT
Essai Abarth 124 GT
Essai Abarth 124 GT
Essai Abarth 124 GT

Même recette

Avec un bloc quatre cylindres 1,4 litre MultiAir qui développe 170 chevaux (à 5500 tr/min) et 250 Nm (à 2500 tr/min), les performances restent les mêmes par rapport à une 124 Spider. Le 0 à 100 km/h est abattu en 6,8 secondes et la vitesse maximale est de 232 km/h. Largement de quoi s'offrir de belles sensations, surtout avec cette boîte manuelle à six rapports (une boîte automatique est aussi disponible en option moyennant 2000 euros), que l'on utilisera volontiers pour pallier le petit trou de puissance sous les 2000 tr/min. En effet, pour un moteur turbo, nous n'avons pas vraiment l'impression de cette poussée instantanée que nous procure habituellement les moteurs suralimentés. Ici, nous nous rapprochons plutôt du caractère du moteur 2,0 litres atmosphérique de 160 chevaux proposé chez sa cousine : la Mazda MX-5.

Le gain en rigidité du toit en carbone est loin d'être flagrant. Disons que l'excellent châssis sur lequel repose l'Abarth 124 dans ses deux versions nous donne toujours entière satisfaction.

À la conduite, difficile de faire la différence entre une version Spider et cette version GT. Le gain en rigidité du toit en carbone est loin d'être flagrant. Disons que l'excellent châssis sur lequel repose l'Abarth 124 dans ses deux versions nous donne toujours entière satisfaction. Comme énoncé à travers les essais de la version Spider et de la Mazda MX-5, une fois de plus, nous avons l'impression que ce châssis peut supporter une cavalerie bien supérieure. Toujours aussi joueuse et ludique, l'Abarth 124 GT est d'une facilité déconcertante à prendre en main, même pour les moins initiés à la conduite sportive. L'ESP intervient quand il le faut, sans être castrateur, et autorise quelques belles dérives. Prévenante, la voiture ne vous prendra jamais au piège et saura vous communiquer toutes les informations nécessaires à travers sa direction et son train arrière.

Essai Abarth 124 GT
Essai Abarth 124 GT

Comme sur la majorité des sportives, les ingénieurs ont intégré un petit bouton Sport pour rendre la voiture encore plus dynamique. Sur l'Abarth 124 GT, cela se caractérise par 20 Nm de couple supplémentaires, une direction plus précise, un échappement plus sonore, une pédale d'accélérateur plus ferme et un ESP qui intervient encore un peu plus tardivement. Une fois n'est pas coutume, nous ressentons réellement la différence une fois ce mode activé. Plus vivante et plus communicative, notre Abarth devient une vraie voiture de Sport et usurpe presque son patronyme de GT. En effet, son amortissement spécifique signé Bilstein rend la voiture assez sèche en compression pour les non-initiés à la conduite sportive, mais cela reste avant tout terriblement jouissif pour ceux qui aiment une voiture bien tenue et qui ne prend pas une once de roulis.

Une filiation avec le monde du rallye

L'Abarth 124 sert également de base pour une voiture de rallye. Vous l'avez déjà peut-être aperçu l'an dernier puisqu'elle fût alignée sur quelques épreuves afin de parfaire son développement. Maintenant prête pour la compétition, la 124 R-GT comme elle est ainsi nommée, participe en 2018 à l’ensemble du Championnat de France des rallyes Asphalte grâce au Team Milano Racing, le distributeur officiel de modèles Abarth de compétition.

Pour vous donner un petit ordre d'idée des caractéristiques de cette Abarth 124 Rally R-GT, celle-ci est animée par un moteur quatre cylindres 1,8 litre de 300 chevaux dont la puissance est uniquement distribuée aux roues arrière. Il s'agit purement et simplement du moteur de l'Alfa Romeo 4C. Avec seulement 1050 kilos sur la balance, elle revendique un rapport poids/puissance de 3,4 kg/ch. Pilotée par Nicolas Ciamin, la petite Abarth se débrouille plutôt bien pour une première saison pleine avec deux premières places aux rallyes de Lyon Charbonnières Rhône et Vosges Grand Est, et deux secondes places aux rallyes du Touquet Pas-de-Calais et Antibes Côte d'Azur.

Essai Abarth 124 GT
Essai Abarth 124 GT

Conclusion, prix et consommations

Abordons tout de suite le sujet qui fâche : le prix. À la sortie de l'Abarth 124 Spider, beaucoup s'indignaient − à juste titre − de tarifs bien trop élitistes pour une petite voiture comme celle-ci. Affichée aux alentours de 40'000 euros, elle surpassait largement les tarifs de la plus chère des Mazda MX-5. Ça c'est maintenant du passé puisque la marque au Scorpion a largement revu son catalogue et propose désormais sa 124 Spider dès 34'500 euros, de quoi s'aligner approximativement sur la Mazda MX-5 de 160 chevaux. Pour se faire, quelques équipements ont été retirés dont l'écran tactile, la ligne d'échappement Record Monza ou encore le système audio Bose. La voiture conserve toutefois son différentiel à glissement limité.

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Grâce à cette modification de la gamme, la 124 GT ne paraît presque pas indécente malgré les 40'900 euros réclamés. C'est à quelques centaines d'euros près le prix de la version Spider à ses débuts en France. En France, il faudra également conjuguer avec un malus écologique de l'ordre de 2010 euros à raison de 148 g/km de CO2. Enfin, côté consommations, ce petit moteur s'avère assez économe dans l'ensemble, surtout au vu de notre type de conduite. Nous avons relevé des données autours de 9,5 l/100 km, sans jamais vraiment ménager notre monture.

Vous l'aurez compris, difficile de se montrer critique envers l'une des dernières voitures à l'esprit vraiment sportif et qui se contreficherait presque des nomenclatures actuelles. On pourra toujours lui reprocher son prix prohibitif dans l'ensemble, mais retenons avant tout qu'il s'agit d'un roadster extrêmement bien conçu, notamment en termes de châssis et de liaisons au sol. Dans un monde où les SUV urbains, électriques et autonomes devraient peu à peu gangrener nos routes, qu'il est bon de prendre encore un peu de plaisir, du vrai, à bord d'une auto excitante et attachante et où le sourire aux lèvres submerge votre visage à l'approche d'un virage un poil serré.

 
Points positifs Points négatifs
Comportement dynamique                       Quelques ajustements de carrosserie à revoir
Boîte de vitesses manuelle Quelques plastiques durs
Sonorité enivrante  Prix élevé

Abarth 124 GT

Motorisation Essence MultiAir, 4 cylindres en ligne, 1368 cm³, turbo
Puissance 170 chevaux / 250 Nm
Transmission Boîte manuelle à six rapports
Type de transmission Propulsion
0-100 km/h 6,8 secondes
Poids 1060 kg
Volume de coffre 140 litres
Places 2
Economie de carburant Urbain : 8,5 l/100 km / Extra-urbain : 5,1 l/100 km / Mixte : 6,4 l/100 km
En vente 2018
Prix de base 40'900 €
Prix de la version testée 40'900 €

Essai Abarth 124 GT (2018)