Les nouveaux TDI de près de 350 chevaux à l'essai !

Secoué depuis quelques années par le dieselgate, débouchant sur la volonté d'interdire dans plusieurs grandes villes européennes ce combustible pestiféré, voici qu'Audi fait de la résistance avec le diesel. Pire (ou mieux !) encore, la marque aux Anneaux a décidé de lui rendre ses lettres de noblesses en introduisant ses derniers modèles badgés "S" de moteurs diesel. Un bloc V6 TDI que l'on retrouve à la fois en haut de la gamme classique avec des modèles badgés 50 TDI avoisinant les 250 chevaux, mais également poussé à 350 chevaux dans les dernières itérations des S6, S7 et SQ5. TDI donc. Nous avons pu essayer tout ce petit monde à tour de rôle sur les magnifiques routes de l'Aveyron, entre les magistrales Gorges du Tarn et le désertique plateau de l'Aubrac.

Essai Audi S7 TDI (2019)

Audi et ses fausses sorties

En face de nous à l'arrivée à l'aéroport de Rodez, une A6 Avant et une A8 50 TDI, et une S6, une S7 et un SQ5. Sans les monogrammes, aucun de ces cinq modèles ne permet de distinguer qu'ils fonctionnent spécialement au mazout. Mais trois d'entre eux se distinguent quand même par une sportivité clairement affichée. 

Si le SQ5 de la génération précédente s’était déjà illustré en diesel, les ingénieurs d’Ingolstadt ont visiblement trouvé l’expérience concluante, au point d’élargir la gamme de modèles S badgés TDI. S6 et S7 ne sont désormais plus disponibles qu’en diesel. Mais pas question pour autant de renier la fibre sportive, que ce soit au volant, on le verra plus loin, ou de l’extérieur. Sauf que pour ça, Audi est prêt à tout. 

On se rappelle qu’à sa sortie, le SQ5 avait fait parler de lui pour ses fausses sorties d’échappements. Un peu grossières. Chose qui se fait de plus en plus chez de nombreux constructeurs. Alors pour ses nouvelles S6 et S7 TDI, Audi a décidé de faire les choses bien. Mieux tout du moins. Visuellement en tout cas. Dans les faits, ça se traduit par deux doubles sorties d’échappement à l’arrière, canules chromées, une signature visuelle immédiatement permettant d’identifier immédiatement des modèles S. Et pour avoir suivi sur plusieurs dizaines de kilomètres une S7, ça fait parfaitement illusion. Quoi ? Illusion ? Oui ! Il suffit de se pencher pour voir qu’il s’agit encore une fois d’accessoires complètements faux ! Les quatre canules sont bouchées par du plastique ! Et il y a pire : si en amont des sorties de gauche il existe bien une double sortie courbée vers le sol, à droite, il n’y a pas de sorties du tout !

Échappements Audi S6
Échappements Audi S7 TDI

Dr Jekyll…

Pour nous familiariser avec ce V6, c’est vers une A8 50 TDI que nous nous sommes tournés pour la première partie du voyage. Et il faut bien avouer que le bloc 3.0 litres TDI de 286 chevaux (version 50 TDI) sied comme un gant à cette grande routière luxueuse. Son onctuosité est à la hauteur du confort de ses sièges massants et ventilés. Et quelques chiffres suffisent à comprendre l’intérêt de ce bloc dans un tel vaisseau amiral. Au lieu de mettre en opposition performances et consommation, elle en fait des alliés. Pour les performances : 620 Nm de couple dès 2250 tr/min et 5,5 secondes de 0 à 100 km/h. Pour la consommation et l’autonomie : 5,5 l/100 km et 1400 km grâce à un énorme réservoir de 73 litres. 

Si notre A8 50 TDI est surtout faite pour les longs trajets autoroutiers et faire défiler les centaines de kilomètres dans le confort le plus parfait, même sonore avec un bloc diesel plus que discret, elle offre de belles relances et sait se montrer vive. Le plus impressionnant dans cette A8, c'est qu'avec ses quatre roues directrices, elle est beaucoup plus agile que son gabarit ne veut bien le faire penser. À tel point qu'on a l'impression d'être au volant d'une voiture d'un ou deux segments inférieurs. En revanche, sur petite route ou route sinueuse, mieux vaut jouer de la palette derrière le volant, la boîte automatique étant toujours trop lente, avec un temps de latence important entre l'appui sur la pédale et la relance du moteur. 

Galerie: Essai Audi A8 50 TDI

Et Mr Hide !

Pour découvrir un autre tempérament de ce V6 TDI, beaucoup plus volcanique, il suffit de se pencher sur le cas des nouvelles S6 et S7 TDI que nous avons également eu l'occasion de conduire. Car il ne faut pas oublier que ce V6 TDI peut se reposer sur une forte expérience en compétition, on pense évidemment aux 24 Heures du Mans. Au menu, une montée en puissance, 349 chevaux, et en couple, 700 Nm. Et ce dès 2500 tr/min. Et là, le compresseur électrique prend toute son importance, en permettant d'éliminer toute latence du turbo, et de partir fort. Tout de suite. Et s'il fallait convaincre les ayatollah du V8 essence, le 0 à 100 km/h est réalisé en 0,4 secondes de moins qu'auparavant pour la S6. C'est le contraire sur la S7 TDI, légèrement moins rapide que sa prédécesseur. Mais pas de quoi être réellement perceptible. 

Si ces S6 et S7 TDI jouent à merveille la partition des voyageuses au long cours dans un confort royal, elle savent aussi faire plaisir à leur conducteur quand nécessaire. Sur la S6 TDI c'est une option, c'est de série sur la S7 TDI, mais les roues directrices jouent là encore un rôle prépondérant dans la tenue de route de premier ordre. Difficile de les prendre en défaut malgré la puissance. Même si les deux modèles restent relativement lourds à la lecture de la fiche technique, le poids s'évapore une fois au volant au profit d'une agilité certaine. Étonnant.

Galerie: Essai Audi S6 TDI (2019)

Le V6 TDI prend de la hauteur

Il faut aussi parler du cas du SQ5 qui, après avoir été présenté en version essence, est aussi passé au mazout. En réalité ce n'est pas une première puisque dès 2012, sur la première génération de Q5, un moteur TDI avait été proposé. Une manière à la fois d'augmenter le couple, mais aussi de baisser les consommations. Une formule qui a fait ses preuve et est prolongée sur cette seconde génération. D'ailleurs, avec un 0 à 100 km/h annoncé en 5,1 secondes, il accélère plus fort que la version essence (5,4 secondes). Une fois de plus, le V6 TDI, à peine moins puissant ici que sur les S6 et S7 TDI avec 347 chevaux, mais toujours avec une force de 700 Nm. Non seulement ça pousse, mais en plus le bruit a été suffisamment bien travaillé pour être plaisant, juste suffisamment rauque. La direction est précise, bien qu'un peu artificielle, les quatre roues directrices apportent du dynamisme à l'ensemble, ce SQ5 TDI se montre réellement dynamique.

Galerie: Essai Audi SQ5 TDI (2019)

Conclusion

En conclusion, reste à aborder un point essentiel : la consommation. Car c'est sans doute ici une des raisons de vivre de cette gamme de TDI performants. Et force est de constater que la différence avec les moteurs essence est flagrante. Sans "taper dedans", les différents modèles se sont montrés particulièrement sobres. Toutes proportions gardées évidemment, compte tenu de leur puissance et de leur poids. Les S6 et S7 par exemple jouent facilement autour des 6 litres aux 100 km en conduite coulée. Sans jamais grimper à plus de 14 litres en les poussant. Quant au SQ5, en le poussant là aussi, il se sent visiblement très bien sous les 10 litres. De belles performances notamment dues à ce système "mild hybrid", ou hybridation douce ou légère, qui permet notamment de limiter la consommation grâce à circuit électronique fonctionnant sur du 48 volts ou encore un turbo à assistance électrique.

Des autos qui s'adressent donc à une clientèle qui roule beaucoup, qui est attachée au confort, qui ne veut pas trop dépenser à la pompe, mais qui veut aussi se garder la possibilité parfois d'écraser la pédale de droite de temps en temps, et avoir du répondant. Une clientèle qui a aussi un certain pouvoir d'achat car il faudra quand même compter à partir de 76'980 € pour le SQ5, 84'280 euros pour la S6 TDI, 86'880 euros le break S6 TDI Avant et enfin 93'280 euros pour une S7 Sportback.

Fiche technique

  A8 50 TDI SQ5 TDI S6 TDI S7 TDI
Moteur

V6 diesel 3.0

biturbo

V6 diesel 3.0

biturbo

V6 diesel 3.0

biturbo

V6 diesel 3.0

biturbo

Puissance 286 ch 347 ch

349 ch

349 ch

Couple

600 Nm 700 Nm 700 Nm 700 Nm

Transmission

quattro quattro quattro quattro

Boîte de vitesses

automatique

8 rapports

automatique

8 rapports

automatique

8 rapports

automatique

8 rapports

0 à 100 km/h 5,9 sec 5,1 sec 5,1 sec 5,1 sec
Vitesse maxi 250 km/h 250 km/h 250 km/h 250 km/h
Conso mixte 5,6 l/100 km 6,6 l/100 km 6,5 l/100 km 6,5 l/100 km
Volume de coffre 505 litres 510 litres 565 litres 535 litres
Prix 95'370 € 76'980 € 84'280 € 93'280 €

Galerie: Essai Audi S7 TDI (2019)