Après le Kodiaq et le Karoq, Škoda présente son troisième SUV en l'espace de trois ans.

Il y a un peu plus de trois ans, Škoda ne comptait pas encore de SUV dans sa gamme. La marque débutait à peine le lancement du Kodiaq. En 2020, quand vous passerez les portes d'une concession Škoda, vous tomberez sûrement nez à nez avec l'un de ces trois modèles : Kodiaq, Karoq et Kamiq. C'est le petit dernier qui nous intéresse aujourd'hui, un SUV urbain de 4,24 mètres de long qui s'inscrit comme concurrent direct des Volkswagen T-Roc, Citroën C3 Aircross, Peugeot 2008 et autres Renault Captur. Un segment plus que concurrentiel où le SUV tchèque aura bien du mal à s'imposer avec le renouvellement des deux Français cette année. Aussi étonnant que cela puisse paraître d'ailleurs, aucun des trois SUV Škoda cités précédemment n'apparaît dans le top 3 des ventes de la marque en 2018. Avec 1'253'400 véhicules livrés l'an passé, c'est l'Octavia qui caracole en tête des ventes avec 388'200 ventes, suivie par la Rapid et ses 191'500 livraisons et la Fabia avec 190'900 unités.

Skoda Kamiq (2019) dans le test

Ne pas perturber le client

Tout cela devrait rapidement changer. Avec le Kamiq, Škoda occupe un nouveau terrain et devrait, une nouvelle fois, accroître ses ventes. Comme à l'accoutumée, Škoda ne présente pas un modèle au style excentrique. L'ensemble reste pour le moins assez conservateur avec une identité bien propre : optiques à double étage à l'avant, lignes tendues, design consensuel, etc. Le Kamiq ne fait pas dans l'extravagance et attirera une clientèle plutôt conservatrice. De notre côté, nous apprécions globalement les proportions de la voiture, d'autant plus que, visuellement, le Kamiq n'a pas vraiment l'air d'un SUV dans le sens où la ligne de toit est relativement fuyante pour un modèle de cette gamme. Il en va de même pour la hauteur de caisse, plutôt contenue pour un SUV. Avec ses proportions, aussi étrange que cela puisse paraître, il ne fait pas partie du même segment que le T-Roc. Une sombre histoire marketing certainement, mais il n'en demeure pas moins qu'il s'agit de son premier adversaire.

Skoda Kamiq (2019) dans le test
Skoda Kamiq (2019) dans le test

Tant pis pour le T-Roc puisque le Kamiq fait globalement mieux à tous les niveaux, avec des tarifs plus contenus en prime, et surtout grâce à des arguments vraiment valables pour les clients de ce genre de véhicules. En matière de présentation, le Kamiq reprend la planche de bord de la Scala. Les matériaux sont de bonne qualité et les assemblages corrects. Il en va de même pour le système d'instrumentation numérique (de série dès la finition "Business"), très clair et lisible. L'écran tactile de 9,2 pouces bénéficie de très beaux graphismes et d'une fluidité très appréciable. Ce qui n'est vraiment pas le cas de tout le monde dans le segment. Concernant l'habitabilité, le Kamiq est accueillant, notamment aux places arrière, où deux adultes de grande taille pourront s'y loger confortablement. La place centrale est en revanche toujours anecdotique. Le volume du coffre est un poil décevant malgré tout, surtout venant de la part de Škoda qui nous a habitué à proposer les meilleurs volumes de coffre dans chaque catégorie occupée. Avec 400 litres annoncés et jusqu'à 1395 litres avec la banquette rabattue, c'est globalement correct, mais pour le coup un T-Roc fera mieux avec 445 litres. Le Kamiq tirera son épingle du jeu avec un volume supérieur d'environ 105 litres à celui du T-Roc une fois la banquette abaissée.

Skoda Kamiq (2019) dans le test
Skoda Kamiq (2019) dans le test
Skoda Kamiq (2019) dans le test

Des petites astuces bien pratiques

Pour se démarquer de la concurrence et faire passer la pilule d'un style sans grande émotion, Škoda fait toujours preuve d'une certaine créativité, notamment avec ses solutions "Simply Clever". Il s'agit de petites astuces disséminées un peu partout au sein de votre voiture, permettant de vous faciliter la vie. Nous pouvons par exemple citer le parapluie situé dans un compartiment dans la porte du conducteur, un système de protection des arêtes de portes quand vous ouvrez votre porte, le dossier rabattable du siège avant, l'entonnoir intégré dans le couvercle du réservoir de lave-glace, le gratte-givre dans la trappe à carburant ou encore la petite poubelle amovible dans la garniture de porte.

Trois essence et un seul diesel

En matière de motorisations, Škoda propose deux moteurs essence avec trois niveaux de puissance. Le trois cylindres 1,0 litre TSI est proposé avec 95 et 116 chevaux tandis que le quatre cylindres 1,5 litre revendique 150 chevaux. Ce dernier bénéficie de la désactivation des cylindres dans certains cas pour minimiser les consommations en carburant. Du côté du diesel, il n'y a qu'une seule motorisation disponible : le quatre cylindres 1,6 litre TDI de 116 chevaux. Tous ces moteurs peuvent être indexés à une boîte manuelle à cinq ou six rapports, ou à une boîte robotisée DSG à sept rapports (hormis l'essence de 95 chevaux, uniquement proposé en boîte manuelle à cinq vitesses). Pour notre session d'essai, nous avons sélectionné le trois cylindres essence de 116 chevaux associé à la boîte manuelle. Les premiers tours de roue sont plutôt agréables avec une position de conduite assez basse et, ô surprise pour une Škoda, une voiture moins confortable que nous l'imaginions. Si nous avions l'habitude de SUV un peu trop typé confort du côté de la marque tchèque, c'est un poil différent avec ce Kamiq qui fait preuve d'un dynamisme plutôt satisfaisant sur les petites routes sinueuses vosgiennes.

Skoda Kamiq (2019) dans le test
Skoda Kamiq (2019) dans le test

Le Kamiq reste tout de même assez confortable, plus qu'un T-Roc en tout cas, mais peut-être un peu moins dynamique. Le T-Roc possède aussi l'avantage d'être proposé avec une motorisation de 190 chevaux en essence mais aussi quatre roues motrices, ce qui n'est pas le cas du SUV tchèque dans les deux cas. Quoi qu'il en soit, nous avons globalement apprécié l'agilité de ce Kamiq, notamment en raison de son poids contenu avec seulement 1231 kilos à vide sur la balance. En revanche, côté sensations de conduite, le Kamiq ne fait pas preuve d'extravagance. Cela reste très neutre dans l'ensemble, mais cela devrait évidemment convenir aux clients de ce type de voiture. Nous vous inciterons toutefois à privilégier la boîte DSG à sept rapports plutôt que la boîte manuelle. Cette dernière ne nous a pas vraiment convaincus, notamment à cause d'étagements bien trop longs et surtout un guidage à revoir. Concernant les consommations, nous avons relevé environ 7,5 l/100 kilomètres sur de petites routes en lacets. Nul doute que ce moteur peut aisément descendre sous la barre des 6,0 l/100 kilomètres en usage plus conventionnel. Avec des rejets de 107 g/km de CO2, notre version d'essai n'est pas assujettie au malus écologique, comme toutes les motorisations présentes sous le capot du Kamiq d'une manière générale.

Moins cher qu'un Volkswagen T-Roc

De série sur la finition "Active", c'est-à-dire l'entrée de gamme, le Kamiq embarque certaines technologies d'aides à la conduite comme le Front Assist ou encore le Lane Assist. Sur notre version d'essai basée sur le plus haut niveau, à savoir la finition "Style", nous retrouvons, de série, le Digital Cockpit, la navigation 3D sur écran de 9,2 pouces, la caméra de recul ou encore les projecteurs full LED. Vous pourrez également aller piocher dans le catalogue des options pour le régulateur de vitesse adaptatif, le Park Assist ou encore la détection des angles morts. Le Škoda Kamiq est disponible à partir de 19'870 euros, mais évidemment, à ce prix là, il manquera quelques équipements, mais aussi un moteur suffisant puisqu'il s'agit du petit bloc essence de 95 chevaux. Pour notre version d'essai, il faudra débourser 26'380 euros, sans compter quelques options, notamment liées aux aides à la conduite. Dans tous les cas, la facture ne dépassera pas les 30'000 euros, du moins avec le moteur essence de 116 chevaux. C'est 2000 à 3000 euros de moins qu'un Volkswagen T-Roc à moteur et équipements équivalents, avec en plus de ça des prestations souvent meilleures. Le Škoda Kamiq coche toutes les bonnes cases, reste à savoir comment il sera accueilli sur le marché français face aux deux mastodontes que sont les Peugeot 2008 et Renault Captur.

 
Points positifs Points négatifs
Qualité des matériaux Comportement routier très neutre
Poids contenu Coffre un poil décevant
Places arrière très accueillantes  Boîte de vitesses manuelle accrocheuse

Škoda Kamiq

Motorisation Essence TSI, trois cylindres en ligne, 999 cm³
Puissance 116 chevaux (à 5000 tr/min)
Couple maximum 200 Nm (à 2000 tr/min)
Transmission Boîte manuelle à six rapports
Type de transmission Traction
0-100 km/h 9,9 secondes
Vitesse maximum 194 km/h
Longueur 4,24 mètres
Largeur 1,79 mètre
Hauteur 1,56 mètre
Poids 1231 kg (à vide)
Volume de coffre 400 à 1395 litres
Places 5
Economie de carburant Urbain : 6,4 l/100 km / Extra-urbain : 4,3 l/100 km / Mixte : 5,1 l/100 km
Émissions 107 g/km de CO2
En vente 2019
Prix de base 19'870 €
Prix de la version testée 26'380 €

Galerie: Essai Škoda Kamiq (2019)