Malgré l'ajout d'un moteur électrique et d'une batterie, la BMW Série 3 conserve-t-elle les atouts dynamiques qui ont fait son succès ?

Ce n'est pas la première fois que BMW s'essaye à l'hybride rechargeable sur sa berline vedette. C'est même d'ailleurs une technologie déjà plutôt éculée sur la Série 3 puisque la première variante hybride remonte à 2012, sur la génération F30, et la version ActiveHybrid3.

Au départ, il ne s'agissait pas d'une hybride rechargeable mais plus d'une sorte de boost pour suppléer le moteur thermique, à savoir un six cylindres 3,0 litres qui développait une puissance cumulée de 340 chevaux et 450 Nm de couple.

À chaque nouvelle génération, les constructeurs ont pour habitude de nous présenter des voitures toujours plus puissantes et performantes que les versions d'avant. En 2016, quand la BMW Série 3 est devenue 330e, elle troqua son six cylindres contre un quatre cylindres 2,0 litres et une puissance cumulée de 252 chevaux. Elle deviendra rechargeable par la même occasion. Pour cette nouvelle génération de 330e, la recette est encore optimisée, même si elle repose toujours sur un quatre cylindres 2,0 litres essence de 184 chevaux.

Essai BMW 330e Touring (2020)

Une autonomie en électrique confortable

Les principaux changements s'articulent au niveau du moteur électrique puisqu'il développe jusqu'à 113 chevaux en puissance de crête contre 88 pour l'ancienne génération datant de 2016. Au total, le conducteur bénéficie d'une puissance généreuse de 292 chevaux et 420 Nm de couple au cumulé, pour des performances plus qu'honorables avec un 0 à 100 km/h abattu en l'espace de 5,9 secondes

Essai BMW 330e Touring (2020)
Essai BMW 330e Touring (2020)

Annoncée à 40 kilomètres d'autonomie en électrique sur la 330e de 2016, la nouvelle version revendique environ 60 kilomètres, chose que nous avons pu vérifier dans notre essai avec plus de 62 kilomètres parcourus avant que la batterie soit complètement vide. Manque de chance pour nous, nous n'avions qu'un câble de recharge avec une prise de type 2 et non pas une prise secteur au sein de notre modèle d'essai. Nous n'avons donc pas pu recharger à domicile.

La recherche d'une borne qui fonctionne correctement et qui peut être déverrouillée via une carte universelle étant un exercice fastidieux en ville, nous avons donc passé le reste de notre essai avec la batterie d'une capacité de 12 kWh partiellement vide. Nous avons toutefois pu légèrement la recharger grâce à la récupération d'énergie cinétique ou l'utilisation de la fonction "Save Battery", qui permet de forcer l'usage du moteur thermique pour recharger la batterie.

Essai BMW 330e Touring (2020)

La recharge, un élément à ne pas négliger

D'une manière générale, pour vraiment optimiser l'usage d'une hybride rechargeable, il est nécessaire de la recharger régulièrement. Son autonomie en tout électrique permet de réaliser 90 % de ses trajets du quotidien sans utiliser le moteur thermique. Dans notre cas, avec plus de 400 kilomètres d'autoroute durant notre essai, nous n'avons pas forcément eu l'utilisation type d'un client d'hybride rechargeable, même si une Série 3 est à la base une routière.

De ce fait, notre consommation moyenne fut assez élevée durant notre essai avec plus de 8,2 l/100 kilomètres relevés lors de nos 600 kilomètres parcourus, avec quelques parties de conduite dynamique, BMW oblige.

Car même si la 330e Touring n'est peut-être pas la voiture la plus efficiente sur tous les types de trajet, elle a au moins eu le mérite de montrer d'excellentes aptitudes en matière de confort et de conduite dynamique, malgré ses 270 kilos de plus par rapport à une 330i et ses 1965 kilos affichés sur la balance. Notre modèle d'essai étant équipé des quatre roues motrices via le système xDrive, cela rajoute 60 kilos supplémentaires par rapport à une 330e en propulsion.

Essai BMW 330e Touring (2020)
Essai BMW 330e Touring (2020)

Le plaisir de conduite toujours au rendez-vous ?

Train avant précis, performances honorables, châssis bien réglé, suspensions fermes sans être inconfortables... Les points positifs ne manquent pas pour cette 330e Touring et le comportement routier n'est pas altéré par la surcharge pondérale due à l'hybridation. Le mode "Sport" est même plutôt sympa avec une sonorité plaisante, même si la boîte de vitesses aura tendance à un peu trop s'éterniser sur les hauts régimes à notre goût. C'est étrangement réglé, même en mode "Sport", pour une voiture qui mise avant tout sur l'efficience.

Quoi qu'il en soit, les amateurs de BMW Série 3 qui désirent franchir le cap du thermique à l'hybride ne seront clairement pas déçus, bien au contraire, surtout avec les prestations dynamiques proposées, sans jamais négliger le confort. Toujours est-il qu'il faudra penser régulièrement à charger la batterie pour bénéficier des avantages du moteur électrique et de pouvoir évoluer jusqu'à 140 km/h en mode électrique. La batterie se recharge de 0 à 80 % en l'espace de 2h25 avec le chargeur de 3,7 kW.

Essai BMW 330e Touring (2020)
Essai BMW 330e Touring (2020)
Essai BMW 330e Touring (2020)

Une BMW Série 3 comme une autre

À l'extérieur comme à l'intérieur, rien ne distingue la 330e d'une 330i par exemple, hormis quelques détails bleutés et la trappe pour la recharge électrique située au niveau de l'aile avant gauche. Si l'ancienne génération souffrait d'un léger retard par rapport aux Audi A4 et Mercedes Classe C en matière de finition, c'est désormais de l'histoire ancienne avec une qualité de présentation impeccable et des commandes tournées vers le conducteur.

Les plus observateurs auront remarqué l'ajout des touches "Hybrid" et "Electric" au niveau de la console centrale pour les modes de conduite ou encore quelques menus supplémentaires au sein du système d'info-divertissement, liés justement à sa motorisation particulière. Contrairement aux autres motorisations, BMW fournit de série le système d'instrumentation digital jumelé à l'écran tactile de 10,3 pouces sur les 330e.

Si l'espace à l'arrière demeure tout à fait convenable, la présence de la batterie sous le plancher du coffre ampute le volume du coffre de quelques litres, 90 en l'occurrence pour culminer à 410 litres au lieu des 500 des versions thermiques.

Essai BMW 330e Touring (2020)
Essai BMW 330e Touring (2020)
Essai BMW 330e Touring (2020)
Essai BMW 330e Touring (2020)
Essai BMW 330e Touring (2020)

À quel prix ?

Disponible à partir de 53'250 euros en version Touring et 51'450 euros en berline, la 330e n'est pas forcément bradée par la marque et s'affiche un peu plus chère de 4000 euros par rapport à une 330i de 258 chevaux et aux performances équivalentes. Un surcoût justifié par le fait de pouvoir rouler sans consommer d'essence pendant plus de 60 kilomètres en ville, mais aussi par l'absence totale de malus puisqu'une 330i Touring sera pénalisée d'une taxe comprise entre 540 et 1629 euros, selon le barème en vigueur en 2020, en raison de rejets compris entre 155 et 166 g/km de CO2.

D'une manière générale, ce type de motorisation reste très compliqué à amortir pour un particulier et conviendra certainement mieux aux entreprises. Les professionnels bénéficient d’une exonération totale de taxe sur les véhicules de société, d’un plafond d’amortissement supérieur et d’une TVA récupérable à 80 % sur l'essence dès le 1er janvier 2021. Notre modèle d'essai, en finition "M Sport" et avec quelques options supplémentaires, s'échange contre 77'040 euros.

Essai BMW 330e Touring (2020)
Essai BMW 330e Touring (2020)

Une concurrence qui s'étoffe 

Les principales concurrentes de la 330e Touring ne se trouvent pas forcément du côté de chez Audi et Mercedes contrairement à ce que l'on pourrait croire. L'Audi A4 n'a pas encore le droit à sa version hybride rechargeable, tandis que la vieillissante Mercedes Classe C sera remplacée bientôt, même si elle a le droit à deux déclinaisons hybrides intéressantes avec une proposition en essence de 211 chevaux et une autre en diesel de 194 chevaux.

Finalement, la Volvo V60 Polestar est peut-être sa concurrente la plus sérieuse en ce moment, même si elle déborde de chevaux avec 390 à la base et même 405 pour la version Polestar Engineered. Une version Recharge T6 de 340 chevaux est venue alléger un peu la facture pour l'acquisition d'une V60 hybride rechargeable, même si le ticket d'entrée reste plus élevé qu'une 330e Touring (à partir de 60'900 euros).

Essai BMW 330e Touring (2020)
Essai BMW 330e Touring (2020)

N'oublions pas également la nouvelle venue, la Peugeot 508 SW PSE et ses 360 chevaux, mais qui mise là aussi sur un aspect purement sportif. Moins onéreuse, la 508 SW HYbrid de 225 chevaux peut aussi être une bonne alternative, tout comme la Volkswagen Passat SW GTE de 218 chevaux, même s'il faudra faire quelques concessions sur le côté vraiment premium.

Toujours est-il que cette BMW 330e est plutôt bien placée et confère aujourd'hui tout ce que l'on attend d'une BMW, avec en prime cette capacité à rouler la majeure partie du temps en électrique. Malgré tout, elle ne pourra pas s'accorder à l'usage des gros rouleurs, le diesel étant encore plus avantageux.

 
Points positifs Points négatifs
Plaisir de conduite préservé Coffre amputé de quelques litres
Autonomie en mode électrique Pas vraiment adaptée aux grands rouleurs
Présentation impeccable Tarifs toujours élitistes

Galerie: Essai BMW 330e Touring (2020)

BMW 330e Touring

Motorisation Essence, quatre cylindres en ligne, 1998 cm³ + moteur électrique
Puissance 292 chevaux
Couple maximum 420 Nm
Batterie 12 kWh
Type de charge Monophasé AC
Temps de charge De 2h25 à 3h15
Transmission Boîte de vitesses automatique à huit rapports
Type de transmission Intégrale - xDrive
0-100 km/h 5,9 secondes
Vitesse maximum 230 km/h (140 km/h en électrique)
Longueur 4,71 mètres
Largeur 1,83 mètre
Hauteur 1,44 mètre
Poids 1965 kg (à vide)
Volume de coffre 410 à 1420 litres
Places 5
Economie de carburant Consommation moyenne : 1,6 l/100 km
Émissions 35 g/km de CO2
En vente 2020
Prix de base 53'250 €
Prix de la version testée 77'040 €