Jamais une Mini n'avait été aussi extrême. Au point de faire écho à certaines sportives du passé.

La catégorie des citadines sportives se décime peu à peu au rythme des annonces gouvernementales toujours plus drastiques. Néanmoins, certaines font encore de la résistance, et quand il s'agit d'une série limitée, les clients se montrent particulièrement intéressés à l'idée d'acquérir un modèle que nous verrons sans doute plus à l'avenir. Du moins avec une motorisation thermique.

Le modèle qui nous intéresse aujourd'hui est limité à seulement 3000 exemplaires, dont seulement 99 pour la France. Toutes les allocations pour l'Hexagone ont déjà trouvé preneur. Une liste d'attente est disponible au cas où un client se désisterait. 3000 cela peut paraître peu dans l'absolu, mais c'est toujours mille de plus que les deux précédentes générations de Mini GP sorties respectivement en 2006 et 2012.

Essai Mini John Cooper Works GP (2020)

Un look qui ne passe pas inaperçu

Cette Mini John Cooper Works GP de troisième génération en impose esthétiquement parlant. Il faut dire que les ingénieurs n'ont pas ménagé leurs efforts afin de la rendre aussi attirante à l'œil qu'efficace.

Dans le détail, la Mini GP reçoit de nouvelles jantes qui permettent de gagner 2,6 kilos par unité par rapport à la JCW classique. Elle gagne aussi des ailes en plastique renforcé de fibre de carbone, des suspensions abaissées de 10 millimètres, des voies élargies de 36 millimètres à l’avant et 22 millimètres à l’arrière, un carrossage négatif de - 1,5° à l'avant et à l'arrière, un aileron proéminent (scindé en deux non pas pour des raisons aérodynamiques mais pour faire passer l'antenne) et d'un échappement assez sonore avec ses sorties en acier, mais moins que l'ancienne JCW de 231 chevaux en raison de l'arrivée de filtres à particules.

Essai Mini John Cooper Works GP (2020)
Essai Mini John Cooper Works GP (2020)

Deux places et puis c'est tout

À l'intérieur, exit les deux places à l'arrière, place à une barre qui pourrait avoir une utilité technique de prime abord mais Mini nous l'assure : elle n'a aucune fonction de rigidification ! Elle sert simplement à sécuriser le chargement. L'ambiance est axée circuit, même si la planche de bord n'évolue fondamentalement pas par rapport à une Mini plus classique.

Il y a le numéro de la voiture sur le bandeau de la planche de bord, un écran numérique de cinq pouces sous les yeux du conducteur (comme la nouvelle Mini 100 % électrique) et des palettes en métal, solidaires au volant, et fabriquées à l'aide de l'impression 3D. Les sièges baquets sont quant à eux empruntés au Clubman John Cooper Works.

Essai Mini John Cooper Works GP (2020)
Essai Mini John Cooper Works GP (2020)

Une sportive jusqu'au bout des pneus

Il n'y a d'ailleurs pas que les baquets qui sont empruntés au break Mini puisque le moteur l'est aussi, à savoir le quatre cylindres 2,0 litres (appelé en interne B48T1) dont la puissance est portée à 306 chevaux et 450 Nm de couple. Contrairement au Clubman, et même aux M135i et M235i qui partagent le même moteur, la Mini JCW GP est le seul modèle de la gamme à disposer de ce bloc sans les quatre roues motrices.

Sur la balance, Mini annonce un poids de 1255 kilos à vide grâce à l'ablation de certains éléments comme l'essuie-glace arrière, la climatisation automatique, le kit de réparation pneumatique ou encore quelques isolants acoustiques au niveau des portes. C'est le poids d’une Mini John Cooper Works de 231 chevaux en boîte automatique, et même 30 kilos de plus que sa version à boîte mécanique, indisponible sur la Mini GP puisqu'elle se cantonne à une seule transmission : une boîte automatique à huit rapports.

Essai Mini John Cooper Works GP (2020)

Tout le poids perdu grâce à certains éléments de confort est compensé par l'arrivée de nouveaux éléments mécaniques censés rendre la voiture plus efficace. Elle gagne ainsi le différentiel autobloquant mécanique de la BMW M125i xDrive, des freins avant majorés (disques de 360 millimètres et étriers fixes à quatre pistons) qui ont presque du mal à rentrer dans les jantes de 18 pouces, un radiateur d’huile supplémentaire, une barre anti-rapprochement sous le capot et un étonnant trapèze en métal placé sous la caisse permettant d'arrimer le train arrière au plancher central pour ainsi renforcer la rigidité.

Les modifications techniques ne s'arrêtent pas là puisque Mini a évidemment revu le tarage des suspensions, les trains roulants ou encore le système de refroidissement du moteur, plus gros, qui a obligé les ingénieurs à revoir la position des articulations du capot et du bocal de lave-glace. Pour couronner le tout, Mini propose en accessoires des gommes semi-slicks (qui équipaient notre modèle d'essai) à savoir des Hankook Ventus TD en 225/35 R18. Il faut prévoir une rallonge d'environ 1000 euros pour être équipé de ces pneus (254 euros TTC l'unité). La Mini GP est équipée de série de gommes Hankook Ventus S1 Evo Z (288 euros TTC l'unité).

Essai Mini John Cooper Works GP (2020)

À l'épreuve du circuit de Linas-Monthléry

Pour cet essai, Mini nous avait donné rendez-vous sur l'autodrome de Linas-Monthléry, un tracé exigeant pour n'importe quelle sportive avec ses raccordements usés par le temps, ses quelques bosses en ligne droite et son incroyable banking où, au plus haut, son inclinaison dépasse les 45 degrés. Apparemment, au-delà d'une certaine vitesse et sur le bon angle, il est possible de lâcher le volant, de fermer les yeux, et la voiture tourne seule sur l'anneau de vitesse. Ne nous en voulez pas si nous n'avons pas essayé.

D'autant plus que la Mini JCW GP n'est peut-être pas le bon cheval pour d'adonner à ce genre d'exercice. En effet, ses réactions sont pour le moins vives et parfois même surprenantes. Au-delà d'être un véritable bout de bois, la Mini GP est ce que l'on pourrait aujourd'hui appeler une voiture authentique. C'est-à-dire qu'elle a tendance à délivrer quelques sensations et ça fait plutôt du bien quand la plupart des voitures, même sportives, sont de plus en plus aseptisées et avares en sensations.

Essai Mini John Cooper Works GP (2020)

Les semi-slicks assurent un grip latéral assez phénoménal et la puissance est parfaitement retransmise au sol grâce au différentiel. De quoi assurer des relances canons en sortie de courbe. Le train arrière aura tendance à louvoyer sur les gros freinages, sans pour autant complètement déboulonner. De quoi s'offrir quelques sympathiques sensations.

La différence est d'ailleurs assez flagrante grâce au différentiel car, lors de notre essai, nous avions également des JCW de 231 chevaux à disposition pour les comparer à notre GP. Sans différentiel, les JCW classiques laissent de la gomme (en plus de quelques chevaux) en sortie de courbe et les pneus sont rapidement attaqués en quelques tours. Tout l'inverse de ceux de notre Mini GP, encore presque intacts après le même nombre de tours, tout en étant moins ménagés.

Essai Mini John Cooper Works GP (2020)

La loi des chiffres

Pourtant, même si la Mini GP peut paraître intimidante à haute vitesse, notamment à cause d'un train avant très direct où le moindre petit braquage donne l'impression de changer de trajectoire, la GP est scotchée au sol sur les courbes serrées ou rapides du circuit de Linas-Monthléry. Pourtant, les chronos ne parlent pas forcément pour elle puisque, malgré tout cet attirail, elle aurait été mesurée à environ 7 minutes et 56 secondes sur le Nürburgring, soit 16 secondes de plus que la très rigoureuse Renault Mégane R.S. Trophy-R.

Pourtant, le 2,0 litres turbo a de la santé et catapulte la Mini GP de 0 à 100 km/h en 5,2 secondes et jusqu'à 265 km/h. Le point noir, c'est peut-être la boîte automatique à convertisseur à huit rapports fournie par Getrag, qui n'offre pas forcément tous les bienfaits d'une double embrayage. Rapide à la montée, elle l'est beaucoup moins à la descente et on se retrouve très souvent à reprendre le dessus en sortie de courbe pour tomber un, voire deux rapports, et se mettre sur le bon régime pour reprendre de la vitesse.

Essai Mini John Cooper Works GP (2020)

Sold out

Finalement, cette Mini JCW GP n'est certainement pas la GTI la plus rigoureuse et efficace de son segment, mais c'est celle qui se rapproche le plus du comportement de certaines anciennes sportives que nous regrettons tant. Si certains lui reprochent l'excès d'engagement de son train avant, cette Mini GP est une voiture dont il faut s'occuper, et c'est tout ce que l'on demande d'une vraie sportive en somme.

Les amateurs de sensations seront ravis de son châssis rivé au sol, de son moteur vigoureux et de ses gommes semi-slicks si des sorties sur circuit s'imposent. Ils seront certainement un peu plus nuancés concernant la tenue de cap en ligne droite, où le moindre petit coup au volant donnera l'impression de faire un saut latéral de trois mètres, et par la boîte de vitesses trop paresseuse au rétrogradage. D'ailleurs, pourquoi ne pas avoir opté, comme Renault avec sa Mégane R.S. Trophy-R ou Honda et sa Civic Type R, pour une boîte manuelle ?

C'est bien là à nos yeux la seule ombre au tableau d'une voiture attachante et performante, même si elle n'est pas aussi efficace que ses concurrentes. À "seulement" 44'900 euros pour une voiture déjà exclusive (+ 7086 euros de malus), les 99 clients français qui ont la chance de la posséder ne seront pas déçus si jamais ils ont la bonne idée de l'emmener sur circuit. 44'900 euros, c'est le tarif réclamé pour la version sans le GPS ni la climatisation. Une version "Ultimate", un peu mieux équipée (climatisation automatique, GPS sur écran de 8,8 pouces, sièges chauffants, housse de protection...), est aussi disponible moyennant 49'500 euros.

 
Points positifs Points négatifs
Moteur de 306 chevaux inépuisable Boîte de vitesses paresseuse au rétrogradage
Beaucoup de sensations à bord Pourquoi pas de boîte manuelle ?
Grip latéral imperturbable grâce aux semi-slicks Réactions parfois un peu trop brutales

Galerie: Essai Mini John Cooper Works GP (2020)

Mini John Cooper Works GP

Motorisation Essence, 4 cylindres en ligne, 1998 cm³, Turbo
Puissance 306 chevaux (de 5000 à 6250 tr/min)
Couple maximum 450 Nm (de 1750 à 4500 tr/min)
0-100 km/h 5,2 secondes
Vitesse maximum 265 km/h
Transmission Boîte de vitesses automatique à huit rapports
Type de transmission Traction
Longueur 3,88 mètres
Largeur 1,76 mètre
Hauteur 1,42 mètre
Poids 1255 kg (à vide)
Volume de coffre 612 litres
Places 2
Economie de carburant Consommation moyenne : 7,3 l/100 km
Émissions 167 g/km de CO2
En vente 2020
Prix de base 44'900 €
Prix de la version testée 49'900 €