Avec la Salsa, le constructeur au S lance une nouvelle ère !

Dans notre rubrique "Étude de style", nous revenons sur les concept-cars marquants des constructeurs, et voyons quelle influence ils ont eu sur les voitures de série.

Ce mardi, SEAT a présenté sa nouvelle Ibiza. Une voiture au style désormais plus anguleux, plus mature que jamais, mais qui puise son inspiration d'une auto sortie il y a 18 ans. En 2000, tandis qu’Eiffel 65 paradait en tête du top 50 avec Move your body, et que la France allait céder aux tentations de la télé-réalité avec Loft Story sur M6, SEAT se prépare à une révolution stylistique.

Le constructeur espagnol est désormais bien ancré au sein du groupe Volkswagen, dont il fait partie depuis 1986. Avec ses Toledo, Ibiza et Cordoba, SEAT produit des autos intéressantes, sortes de Volkswagen moins chères, et plus méditerranéennes, mais SEAT veut se démarquer, prendre une direction différente.

2000 - SEAT Salsa et dérivés
2000 - SEAT Salsa et dérivés

L’arrivée d’un nouveau millénaire et surtout, d’un nouveau designer, Walter de Silva est l’occasion de révolutionner l’image de marque de SEAT. Ainsi, en 1999, l’Italien débarque de chez Alfa Romeo, où il a été à l’origine des 156 et 166, qui ont remis la marque sur la voie du succès. Il entend faire de même avec SEAT. Pour l’Italien, l’objectif est de présenter une nouvelle identité visuelle, qui ira de pair avec le slogan de la firme espagnole : "Auto emocion". L’objectif est ambitieux, la nouvelle signature SEAT doit être présentée à l’occasion du salon de Genève 2000, le premier grand rendez-vous européen de ce nouveau millénaire.

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Les amateurs d’automobile ne seront pas déçus. À une époque où la marque souffre de cette image un peu classique, copier-coller de Volkswagen, la Salsa marque une rupture totale avec les productions espagnoles, et même plus, avec les productions automobiles en général ! Surtout, il annonce ce à quoi il faut s’attendre pour les prochaines voitures de série de la marque.

2000 - SEAT Salsa et dérivés
2000 - SEAT Salsa et dérivés

De Silva se base sur les modes de l’époque : des autos très typées monocorps, comme on le verra l’année suivante avec la Peugeot 307. Le marché européen, pour l’époque, délaisse les berlines, et s’intéresse de plus en plus aux monospaces compacts, et au compactes en général. Il faut donc trouver un moyen de dynamiser une ligne plutôt pataude.

En avance

La solution de De Silva est donc de prendre le pari d’un avant plongeant, avec ce capot incurvé et nervuré, dans la continuité de l’immense pare-brise, et qui met en valeur une petite calandre intégrant le S stylisé. Si l’Italien aime les arêtes vives, il sait que ce n’est pas encore le moment de les imposer. Les années 2000 sont encore très marquées par les arrondis du biodesign des années 1990.

2000 - SEAT Salsa et dérivés
2000 - SEAT Salsa et dérivés

De part et d’autre de la ligne de capot, les phares prennent place. Vers l’intérieur, ils suivent la ligne de capot, tandis que la ligne de fuite, vers l’extérieur, vient répondre au passage de roue et à une seconde ligne qui marque le profil. Le bas de pare-chocs est lui à l’opposé de celui de la calandre. Celle-ci est fermée, pour accueillir la plaque d’immatriculation, tandis que les ouvertures et les antibrouillards prennent place de chaque côté.

 

De profil, on peut déjà deviner à quoi ressembleront les futures Leon, Ibiza et Toledo. Tout d’abord, il faut retenir cette longue ligne de carrosserie qui suit le passage de roue avant pour se fondre jusqu’à l’arrière. Un effet de style qui vient clairement dynamiser la ligne de l’auto. Surtout, ce trait fera que toutes les SEAT seront reconnaissables des autres autos.

Le dessin des vitres est aussi très important, avec ce petit soulèvement à l’arrière. Cette patte d’oie astucieuse vient répondre à la lunette arrière, qui déborde légèrement sur le profil. Enfin, le passage de roue arrière, lui aussi marqué, vient répondre à l’arrière de l’auto, notamment via les feux, très allongés.

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Le SUV avant l'heure

À l’arrière, on retrouve cette élongation des feux, qui, comme à l’avant, répondent au logo SEAT qui prend place sur le hayon. L’ouverture de coffre, en deux parties, vient rappeler qu’il s’agit d’une étude de style. Il le fait bien, car cette Salsa est déjà bien mature, pour une auto dont l’étude n’a commencé qu’un an avant.

2000 - SEAT Salsa emocion
2000 - SEAT Salsa emocion
2000 - SEAT Salsa emocion

L’intérieur donne aussi quelques indices sur ce que sera la future ambiance intérieure de SEAT. Notamment ce bloc marqué par deux aérations. Ce sera le style des planches de bord de l’Ibiza puis de la Leon. On note néanmoins la présence d’imposants écrans sur la console, et en surplomb de la planche de bord, tout en limitant au maximum les boutons. Vingt ans avant, De Silva et ses équipes sentent l’arrivée de l’ergonomie simplifiée, et surtout, de la prise de pouvoir de l’électronique. Quant au moteur, rien de révolutionnaire pour cette étude. Il s’agit d’un V6 de la banque d’organe fabuleuse qu’est le groupe VAG.

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Le concept va encore évoluer pendant deux ans. Tout d’abord via la Salsa Emocion, qui n’est autre qu’un avant-goût des futurs SUV qui vont petit-à-petit envahir les marchés européens. Il s’agit d’une Salsa rehaussée, et transformée en version baroudeuse. L’intérieur évolue aussi également, mais on sent qu’il s’agit là d’un affinage du dessin, plus qu’un nouveau concept.

2002 - SEAT Salsa
2002 - SEAT Salsa
2002 Seat Ibiza
2004 Seat Leon
2004 Seat Toledo

L’ultime Salsa viendra également, en 2002, conclure l’évolution de la patte De Silva chez SEAT. D’une part, les premiers modèles de sa patte sortent en concession, avec l’arrivée de l’Ibiza, puis de la Leon, qui reprennent clairement les lignes de la Salsa. De l’autre, De Silva est muté chez Audi, pour accompagner la montée en gamme d’Audi, puis du groupe Volkswagen. Avec un certain succès, après avoir été l’un des initiateurs de la mode des SUV, il est désormais celui qui dicte les règles du haut de gamme.

Quant à SEAT, le succès sera de mise, et, désormais, la marque espagnole est l’un des piliers du groupe Volkswagen, en dessin, comme en chiffre d’affaires !

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