N'est-ce pas trop tôt ?

A l'heure où Tesla se bat avec des spéculateurs et cherche à se retirer d'un marché financier que la marque a trop vite intégré, l'un de ses concurrents sur le marché de la voiture électrique envisage de faire le chemin inverse. En effet, le constructeur chinois NIO, spécialisé dans la voiture électrique ultra-technologique, a demandé à être coté à Wall Street.

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La marque n'est qu'une start-up financée par les géants de l'internet chinois que sont Baidu et Tencent, mais elle entend lever 1.8 milliard de dollars et veut, en se cotant sur le marché, se donner les moyens de ses ambitions, à savoir rivaliser avec Tesla. Et NIO, qui est encore peu connu, n'est pas un candidat à prendre à la légère.

Si ses titres capitalisant à 1.8 milliards ne sembleront pas énormes face aux 71 milliards que vaut aujourd'hui Tesla, c'est bien dans la cour d'Elon Musk que veut jouer NIO. Outre un engagement pour le moment peu fructueux en Formule E, la marque a enfin lancé sa production. Son premier modèle, un SUV est tout juste sorti en début d'année, trois ans après la création de l'entreprise, et a annoncé en avoir livré 481 sur le premier semestre 2018, tandis que 17'000 commandes supplémentaires auraient été passées.

Nio ES8
Nio ES8 electric SUV

Des chiffres qui restent marginaux, et qui semblent aussi peu connectés au marché de l'automobile que les premières ambitions de Musk et Tesla, qui avaient aussi sous-estimé la dimension du marché. Mais NIO ne veut pas devenir en premier lieu un constructeur mondial. Non, la marque veut se développer en son pays, où près de 30 millions de véhicules sont vendus chaque année et où le plan gouvernemental va obliger les constructeurs à grandement réduire les moteurs thermiques pour passer vers une électrification des véhicules.

Dès lors, des entreprises florissent pour miser sur ce nouveau marché et c'est le cas de NIO, qui entend se battre contre les géants de l'automobile, qui vendent désormais leurs véhicules en Chine grâce à des coentreprises avec des fabricants de l'Empire du Milieu. La marque est toutefois déjà mondialement implantée, avec un centre de recherche en Californie et des bureaux en Allemagne, mais il lui reste le pas le plus important à franchir pour enfin passer à la vitesse supérieure : l'industrialisation.

C'est aujourd'hui ce qui cause les plus grands maux d'Elon Musk et de Tesla, avec l'impossibilité de suivre le rythme des commandes de la Model 3, et il est évident que ce sera le plus grand défi à relever pour la marque qui, si elle atteint une cote suffisante, pourrait devenir un acteur important du marché du véhicule électrifié, qui pourrait atteindre le million de ventes en Chine cette année. Et en cela, les dirigeants de la marque seraient peut-être avisés de tirer des leçons des difficultés de Tesla, qui admet aujourd'hui être entré trop vite en bourse.

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