Des faits qui remontent à 2017...

La perquisition qui a eu lieu au siège du Groupe Renault il y a tout juste une semaine, le mercredi 3 juillet à Boulogne-Billancourt, pourrait n'être que le début de l'approfondissement de l'enquête autour de l'affaire Carlos Ghosn. C'est l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) qui a lancé cette procédure, visant spécifiquement les mouvements de fond opérés par RNBV, filiale néerlandaise de l'Alliance Renault-Nissan, ainsi que les relations financières entre Carlos Ghosn et une société du Sultanat d'Oman, via le réseau de distribution de Renault dans la région.

Dans le viseur des enquêteurs, il y a également les soirées organisées par Carlos Ghosn au château de Versailles en échange de mécénat de la part du Groupe, ou encore les contrats dont ont pu bénéficier Rachida Dati et Alain Bauer pour des activités de conseil auprès de la marque au Losange. Mais ce qui intrigue les enquêteurs aujourd'hui, c'est la nomination de Marie-Annick Darmaillac, ancienne magistrate, qui fut recrutée par le groupe Bolloré et est aujourd'hui e  poste dans le groupe Vivendi. 

Il y a deux ans, elle est entrée au Conseil d'administration de Renault et a accédé entre temps à la présidence du 'comité des rémunérations'. Il se dit qu'elle aurait été parrainée par Alain Bauer, mais ce dernier s'en défend auprès du Point : "J'ai pu émettre un avis sur certaines nominations au conseil d'administration, mais pour des personnalités étrangères ; on ne m'a consulté en aucune façon sur l'arrivée de Mme Darmaillac."

Elle a rencontré Ghosn mais nie toute malversation

Initialement, Bauer a proposé le poste à Jean-Louis Nadal, ancien procureur et époux de Marie-Annick Darmaillac : "On m'a effectivement proposé le job quand j'ai pris ma retraite de procureur général et j'ai été agréablement surpris qu'on pense à moi. Mais j'ai décliné, car ce n'est pas ma tasse de thé, je suis d'une nature libre et indépendante." C'est finalement Claude Baland qui a été nommé, et qui est aujourd'hui entendu comme témoin par les policiers de l'OCLCIFF dans le cadre de cette affaire.

Marie-Annick Darmaillac, de son côté, a accepté la proposition reçue par Renault, mais se défend d'avoir un lien, de près ou de loin, avec l'affaire Ghosn : "Je ne vois pas quel lien peut être fait entre l'enquête sur M. Ghosn et mon arrivée chez Renault, mais puisque vous me le demandez, je vais vous expliquer les choses. Je fournirai les mêmes indications aux enquêteurs, s'ils m'interrogent", poursuit-elle auprès du journal Le Point.

Si elle avoue avoir rencontré Carlos Ghosn, elle se défend de tout versement d'argent, ou même d'en avoir reçu, mais cela ne l'empêche pas de défendre Carlos Ghosn et d'avoir pensé que l'ancien PDG était victime d'une machination : "Mon premier sentiment, quand il a été arrêté et placé en détention, fut d'adhérer à la thèse du complot. Car tout de même, cet homme a beaucoup apporté à Renault. Certains dérapages ont pu avoir lieu ; on ne savait rien, en particulier, de la filiale hollandaise RNVB. Mais vous me permettrez d'attendre la fin de la procédure judiciaire pour me prononcer."