Cela était prévisible.

Le Financial Times révèle que les dirigeants de Nissan voudraient engager une procédure de divorce avec Renault. Depuis l'arrestation de Carlos Ghosn, puis sa fuite au Liban, la relation entre les deux constructeurs est plus que toxique. Lors de sa conférence de presse en direct de Beyrouth (Liban), Carlos Ghosn a dénoncé les collusions entre les dirigeants de Nissan et la justice japonaise. Le parquet de Tokyo a démenti ces attaques. Mais maintenant, Nissan voudrait en finir pour de bon avec l'ère Ghosn. Il faut rappeler que Renault détient plus de 43 % de Nissan, tandis que le Japonais ne détient que 15 % de Renault. De plus, Nissan n'a aucun droit de vote. Selon Carlos Ghosn, c'est cette relation qui aurait poussé quelques dirigeants à préméditer sa chute.

Selon des sources proches du dossier, Nissan prévoit de séparer totalement deux activités de Renault : l’ingénierie et la fabrication. De plus, le constructeur prévoit des changements au sein de son conseil d'administration. Il était fort possible que Nissan veuille prendre ses distances vis-à-vis de Renault. Le constructeur n'a pas enregistré de bons résultats commerciaux et il voudrait maintenant tourner la page. Cependant, comme l'affirme le quotidien britannique, si Nissan se sépare de Renault, il est possible que les deux constructeurs recherchent chacun un nouveau partenaire. Dernièrement, ce sont PSA et FCA qui ont fusionné, la prochaine fusion pourrait bien concerner Renault ou Nissan (ou les deux). 

Renault ne veut pas de ce divorce 

De son côté, Renault ne veut pas lâcher Nissan. Le patron de Renault,  Jean-Dominique Senard, veut recoller les morceaux et poursuivre au côté de Nissan. Le président de la marque au losange avait par ailleurs déclaré que "si en 2020, nous n'extrayons pas tout le potentiel vertueux de cette alliance, je considérerai que mes équipes et moi-même avons échoué". Dans les semaines à venir, Jean-Dominique Senard devra faire plusieurs annonces allant dans le sens de l'alliance avec Nissan et Mitsubishi

En visite au Japon en juin 2019, Emmanuel Macron a réaffirmé son soutien à l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi. Le chef de l'Etat a rappelé que l'Alliance, constituée il y a un peu plus de 20 ans, est "un fleuron auquel nous tenons beaucoup". Il est aussi revenu sur la constitution de ce partenariat, à une époque où Nissan était au bord du gouffre.

On rappelle que Renault devait fusionner avec FCA. Finalement, ce projet est tombé à l'eau et c'est PSA, un autre groupe français, qui a fusionné avec FCA. Renault voulait négocier avec FCA à propos des conditions financières. En effet, FCA s'est basé sur le cours le plus bas de Renault pour formuler son offre. Il faut aussi noter que la valorisation des deux entreprises n'est pas la même. FCA devait verser plusieurs milliards d'euros pour que la fusion soit juste. Le groupe n'a pas souhaité négocier : son offre était à prendre ou à laisser.

Source: Financial Times