La justice, saisie par la CGT, a estimé les mesures de protections insuffisantes face au Covid-19.

Comme la majorité des usines françaises, celle de Renault située à Sandouville a été contrainte de fermer ses portes le 16 mars 2020 suite à l'annonce du confinement. Le 28 avril dernier, l'établissement a rouvert ses portes, avant de les refermer le jeudi 7 mai dernier. Pourquoi ? La justice a contraint Renault à fermer son usine de Sandouville, en Seine-Maritine, en raison de mesures de protections jugées insuffisantes face au Covid-19.

Le tribunal judiciaire du Havre a été saisi par la CGT et condamne en référé Renault "à suspendre la reprise de la production" car celle-ci ne "permet pas d'assurer (...) la sécurité des travailleurs de l'usine face au risque lié au Covid-19". Les activités de l'usine ont donc été arrêté le jeudi 7 mai dernier, dans l'après-midi. La production est suspendue "le temps de la mise en place effective" de mesures comme "organiser et dispenser, pour chacun des salariés, avant qu'ils ne reprennent le travail, une formation pratique et appropriée".

Le tribunal condamne Renault à mettre "en œuvre des actions de prévention ainsi que des méthodes de travail et de production garantissant un meilleur niveau de protection de la santé et de la sécurité des travailleurs". Le constructeur au Losange doit également "modifier tous les plans de prévention ainsi que les protocoles de sécurité".

La direction de Renault estime que l'activité avait repris "dans de bonnes conditions" grâce à "un dialogue social instauré depuis plusieurs semaines". Le constructeur rappelle également que la "reprise progressive" de ses usines en France "s'effectue dans le cadre social défini par le contrat de solidarité et d'avenir signé avec les organisations syndicales CFDT, CFE-CGC et FO le 2 avril 2020".

"La décision du tribunal porte principalement sur des modalités de présentation de l'ensemble des mesures de prévention aux institutions représentatives du personnel et ne remet pas en cause le référentiel sanitaire défini par Renault", affirme le groupe.

L'usine, qui compte 1848 collaborateurs, devra donc se mettre en conformité aux yeux de la justice avant de pouvoir rouvrir ses portes. Rappelons que Renault a d'ores et déjà rouvert son usine de Flins, dans les Yvelines. L'usine de Sandouville, actuellement à l'arrêt, a produit plus de 130'000 véhicules l'an passé, essentiellement des Renault Traffic, l'utilitaire de la marque au Losange.