L'un des principaux syndicats allemands de l'industrie prédit une perte d'environ 300'000 emplois en Allemagne d'ici la fin 2020.

L'industrie automobile est en pleine mutation, et même avant la crise sanitaire qui est intervenue au début de l'année 2020 et toutes les conséquences qui en ont découlé, certains analystes avaient déjà tiré la sonnette d'alarme concernant les emplois au sein de l'industrie automobile.

En effet, certains constructeurs, allemands notamment, avaient déjà annoncé des suppressions de postes. C'est le cas de Daimler qui avait annoncé au minimum 15'000 suppressions de postes ou encore BMW qui avait tablé sur plusieurs dizaines de milliers de suppressions d'emplois d'ici les années à venir. Ces suppressions ont notamment été actées suite à la mutation du secteur automobile et à son électrification et sa digitalisation. Toutes ces mutations et l'arrivée de ces nouvelles technologies nécessiteraient, selon les acteurs de l'automobile, moins de main-d'œuvre.

En réalité, les dégâts pour l'emploi seraient en fait nettement plus importants dans l'industrie, toutes catégories confondues. En effet, selon IG Metall, le premier syndicat allemand et l'un des plus puissants d'Europe, 300'000 emplois seraient menacés aujourd'hui en Allemagne.

"Une grande partie des 300'000 emplois menacés serait avant tout une optimisation des entreprises sous le couvert de la crise sanitaire qui sévit actuellement", a précisé l'un des membres du conseil d'administration d'IG Metall. Un conseil d'administration composé notamment de certains dirigeants de grands groupes automobiles.

Les constructeurs doivent aujourd'hui faire face à plusieurs enjeux majeurs. Relancer la machine suite à la crise sanitaire certes, mais surtout investir dans la recherche et le développement concernant la digitalisation et l'électrification des modèles. Tout cela en conjuguant avec une réduction des coûts qui passe notamment par une réduction de la masse salariale. En d'autres termes, vider un verre à moitié plein pour en remplir un autre à moitié vide.

La plupart des acteurs de l'automobile font également face à des résultats en baisse, à l'image de Mercedes qui, pour le second trimestre de l'année 2020, a annoncé plus d'un milliard de dollars de perte. Les résultats pour le groupe Volkswagen ne sont guère mieux en ce début d'année, avec notamment une baisse d’environ 2,6 milliards d’euros sur un an de son chiffre d'affaires au premier trimestre 2020 par rapport à la même période en 2019.

D'une manière générale, les constructeurs allemands sont actuellement en pleine phase de transition face aux exigences européennes en matière de rejets polluants. Les produits peinent à arriver sur le marché et quand ils arrivent, il s'agit de modèles onéreux, à l'image des Mercedes EQC, Audi e-tron et autres BMW iX3, qui noient le prix exorbitant des batteries et moteurs électriques dans des véhicules très haut de gamme.

Toujours est-il qu'il arrivera certainement le moment où ils proposeront des véhicules électriques plus abordables. Et à ce petit jeu, il semblerait que ce soit Mercedes qui soit le mieux préparé pour le moment puisqu'un modèle compact 100 % électrique, l'EQA, est prévu d'ici la fin de l'année.