Si vous êtes un amateur de Rallye (toutes catégories confondues), vous connaissez probablement Quentin Giordano. Bien qu’il n’ait pas la notoriété d’un Sébastien Loeb ou d’un Ogier auprès du grand public, Giordano a tout de même prouvé sa valeur en empochant le titre de champion de France des rallyes, en 2022, au volant de sa Volkswagen POLO GTI qu’il pilotait depuis trois saisons.

 

Cependant, quelques jours après avoir atteint le sommet de sa carrière professionnelle, le pilote nancéien, présent dans le milieu depuis 2007, a tiré un trait définitif sur les rallyes et c’est sur le réseau social Twitter (devenu X) qu’il en a expliqué la raison :

"À la suite du décès de mon oncle Joël, qui était mon plus fidèle supporter mais aussi un entrepreneur incroyable dans ma région, survenu quelques jours après notre titre de champion de France, j'ai décidé de mettre toute mon énergie dès maintenant et de prendre le relais en sa mémoire."

Suite au drame, Giordano a en effet repris la direction du groupe de transport Vigneron (54), créé par le père de son oncle en 1955, qui compte 450 salariés. Mais ce secteur d’activité est confronté à de nombreux problèmes.

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Le français a parfois fait quelques erreurs comme ici, lors du Rallye de Finlande 2015, sur une Citroën DS3.

Le TRM : une véritable compétition

Le tout frais champion a beau ne pas être dans son élément naturel, il n’en est pas à son premier essai lorsqu’il s’agit de travailler pour le transport de marchandises français (TRM). Il a expliqué, cet été (à Transport Info), avoir travaillé il y a une dizaine d’années à l’exploitation et à l’affrètement au sein l’ancienne entreprise de son oncle. Giordano n’était donc pas un inconnu pour les responsables de services, les salariés et la majorité des conducteurs.

Malgré tout, l’ancien pilote a expliqué ne pas avoir eu la vie facile dès son arrivée :

"Cela a été un peu compliqué lorsque j’ai débarqué, fin décembre, en pleines négociations sur les revalorisations tarifaires au plus fort de la période d’inflation. Il a donc fallu poursuivre le travail entrepris dès la fin 2022 et ma volonté est de continuer le cap fixé par mon oncle, d’avancer dans la même direction et de faire ressentir le moins possible le changement de dirigeant. Nous avons tout de même réussi à faire passer les ajustements tarifaires nécessaires pour continuer de faire progresser l’entreprise et nous avons obtenu entre 6 et 8  % d’augmentation de nos tarifs, ce qui nous a permis de conserver des marges qui tiennent la route au nom de la rentabilité de nos trafics."

L’ancien protégé du Sébastien Loeb Racing en WRC2 affirme se servir de son expérience en tant que pilote pour se faire une place dans le milieu, parfois rude, du TRM :

"L’économie tourne au ralenti depuis le début de l’année 2023. Les industriels de plusieurs secteurs économiques, qui ont été frappés par la hausse des coûts de l’énergie, ont réduit leur production et les volumes à transporter, durant une période. Quant à notre branche logistique, elle reste à peu près stable mais c’est comme cela dans le TRM, cela s’apparente à la compétition, il faut savoir se battre. Je vais essayer de mettre en application, au service de l’entreprise, ce que j’ai appris dans le sport automobile !"

Dans un monde automobile où l’électrique devient omniprésent, cet avenir s’appliquera-t-il également aux transports routiers ? Quentin Giordano le pense mais cela devrait se faire petit à petit :

"Nous pensons qu’il est encore un peu tôt pour adopter l’électrique même si cela peut s’appliquer sur nos transports de distribution à faible kilométrage avec des départs et retours au même endroit. Pour l’heure, l’XTL représente la solution la plus simple puisque ce carburant est complètement miscible. En revanche, son surcoût est bien réel et il s’avère difficile."

Quoi qu’il en soit, pour le français, ce sont 15 années où son quotidien a été dicté par le rallye qui ont pris fin.