Carlos Tavares met en garde contre une possible scission de Stellantis
L'ancien PDG du groupe livre son sentiment dans un livre.
Dix mois après avoir quitté la tête de Stellantis, Carlos Tavares rompt le silence. L’ancien directeur général du groupe publie un ouvrage autobiographique (Un pilote dans la tempête, éditions Plon) dans lequel il livre une analyse sans détour sur l’avenir du constructeur automobile, évoquant la possibilité d’une séparation des activités entre l’Europe et l’Amérique du Nord.
Dans son livre, le premier PDG de Stellantis — né à l'époque de la fusion entre Fiat Chrysler Automobiles et le groupe PSA — s’inquiète de la fragilité de l’équilibre entre les trois piliers du groupe : la France, l’Italie et les États-Unis. "L’équilibre tripartite entre l’Italie, la France et les États-Unis pourrait être rompu, et la situation est très préoccupante. La capacité de l’entreprise à rester unie dépend de la capacité de la direction à maintenir cette unité au quotidien", écrit-il.
Tavares imagine même un scénario dans lequel un constructeur chinois pourrait reprendre les activités européennes, tandis que les Américains conserveraient la partie nord-américaine. Une hypothèse qu’il présente comme l’une des nombreuses trajectoires possibles pour un groupe confronté à des tensions internes et à des défis industriels majeurs.
Stellantis, qui regroupe aujourd’hui quatorze marques automobiles, traverse une période d’ajustement délicate. Le départ surprise de Tavares, quelques mois avant la fin de son mandat, avait ouvert une phase d’incertitude au sommet. C’est finalement Antonio Filosa, ancien responsable de Jeep, qui a été nommé PDG, avec pour mission de stabiliser et de relancer la dynamique du groupe.
Parmi ses premières décisions, Filosa a procédé à un profond remaniement de l’équipe dirigeante et annoncé un vaste plan d’investissement de 13 milliards de dollars en Amérique du Nord. Cette orientation confirme la volonté du constructeur de renforcer sa position sur ce marché stratégique, même si elle alimente les interrogations sur la place que conserveront les activités européennes à long terme.
Tavares, dans ses écrits, exprime ses doutes sur la capacité de Stellantis à préserver les intérêts français : " Je ne suis pas très sûr que les intérêts des Français seront protégés en mon absence." Une phrase qui sonne comme un avertissement, à l’heure où le groupe tente de maintenir son unité sur fond de rivalités industrielles et géographiques.
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