Les concessionnaires Stellantis américains s’en prennent à l’ancienne direction
Le Conseil national des concessionnaires Stellantis affirme que Carlos Tavares a trop forcé la réduction des coûts.
Quelques mois à peine avant la démission de Carlos Tavares, le conseil national des concessionnaires Stellantis américain (NDC) a adressé une lettre au ton très dur à celui qui était alors PDG, l’accusant ni plus ni moins d’un "désastre" et d’une "dégradation rapide" des marques Jeep, Ram, Dodge et Chrysler. Stellantis a rapidement répliqué, estimant que des "attaques personnelles publiques" visant le PDG ne résoudraient rien.
Si Tavares est parti depuis un peu plus d’un an, son ombre plane encore sur le réseau de concessionnaires aux États-Unis. Dans un entretien accordé à Automotive News, le président du NDC, Sean Hogan, a parlé sans détour de l’ancienne direction, affirmant que l’ex-PDG avait une vision erronée du géant automobile en gommant la dimension émotionnelle tout en réduisant les coûts partout où cela était possible :
"Tavares a essayé de transformer nos marques en une entreprise de transport ennuyeuse. Ce n’est pas nous. Et puis il a coupé, et coupé, et coupé. Aucune de nos marques ne se résume à du transport basique. Tout ce que nous devons produire doit être cool et unique."
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La situation semble s’être améliorée depuis l’arrivée d’Antonio Filosa à la tête de Stellantis. Comparée à l’ère Tavares, la nouvelle équipe de direction est saluée par le NDC pour sa compréhension de ce qui fonctionne. Hogan a notamment mis en avant le retour du moteur Hemi ainsi que l’engagement du groupe à investir 13 milliards de dollars aux États-Unis d’ici la fin de la décennie.
De nouveaux modèles sont attendus, dont un Dodge Durango de nouvelle génération et un SUV badgé Ram. Ce dernier, selon Hogan, sera "puissant et sexy". L’ayant aperçu à huis clos, il le décrit comme un SUV grand format avec "l’ADN Ram partout".
Toutefois, toutes les marques ne survivront peut-être pas sous l’ombrelle Stellantis. Un récent article de Reuters affirme que Filosa "évalue la viabilité à long terme des 14 marques", certains noms européens étant plus exposés. Des sources internes ont indiqué à l’agence que l’abandon de certaines marques n’était pas exclu.
Depuis l’ère Tavares, beaucoup s’interrogent sur la pertinence de conserver autant de marques, compte tenu du risque de recoupement des gammes qui finit par cannibaliser les ventes. Le groupe Volkswagen y est parvenu, mais même VW compte moins de marques. Filosa doit trancher sur l’avenir de noms en difficulté, comme Chrysler aux États-Unis et Lancia en Europe.
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Source: Automotive News
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