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Robots livreurs : la France ouvre la route à une nouvelle génération de véhicules autonomes

Un arrêté publié au Journal officiel permet désormais d’encadrer la mise en circulation de robots de livraison autonomes sur la chaussée.

Voiture autonome - Nuro

La livraison autonome franchit une nouvelle étape en France. Un arrêté publié au Journal officiel permet désormais d’encadrer la mise en circulation de robots de livraison autonomes sur la chaussée, sans opérateur humain à bord. Une évolution réglementaire qui pourrait accélérer le développement de ces véhicules dans les centres urbains.

Le dispositif concerne des engins électriques intégrés à la catégorie L, aux côtés notamment des cyclomoteurs et des quads. Leur gabarit peut atteindre quatre mètres de longueur et leur charge utile jusqu’à une tonne. Ils sont destinés à effectuer des trajets de courte distance, principalement pour assurer le dernier maillon entre un point logistique, un commerce ou un entrepôt et le destinataire.

Contrairement aux petits robots déjà expérimentés sur les trottoirs dans plusieurs pays, le cadre français prévoit donc une circulation sur la chaussée. Les collectivités conservent par ailleurs un rôle dans la définition des itinéraires autorisés. La supervision humaine à distance reste obligatoire, même lorsque le véhicule assure lui-même une grande partie de sa conduite.

Cette évolution intervient alors que les robots de livraison changent progressivement de statut en Europe. Au Royaume-Uni, Starship Technologies exploite déjà plusieurs milliers de petits véhicules autonomes. À Milton Keynes, notamment, ces machines à six roues circulent depuis plusieurs années sur les espaces urbains et ont participé à près de deux millions de livraisons au Royaume-Uni. L'entreprise revendique désormais plus de dix millions de livraisons réalisées à l'échelle mondiale.

Le secteur intéresse également les grandes plateformes de livraison. Uber Eats s'est associé à Starship pour déployer ses robots au Royaume-Uni, avant une extension annoncée vers plusieurs marchés européens. Ces véhicules, conçus pour les trajets courts, doivent permettre d'automatiser une partie des livraisons de repas et de courses.

La technologie évolue elle aussi rapidement. Les premières générations reposaient largement sur la téléopération : un humain pouvait reprendre à distance le contrôle du robot lorsqu'une situation devenait trop complexe. Les nouveaux modèles cherchent davantage d'autonomie grâce à l'association de caméras, de capteurs LiDAR, de systèmes de positionnement et d'intelligence artificielle.

L'objectif n'est toutefois pas nécessairement de remplacer intégralement les livreurs. Ces véhicules peuvent plutôt prendre en charge les trajets répétitifs et de courte distance, tandis que les opérateurs humains restent nécessaires pour les opérations plus complexes, la supervision et certaines étapes de manutention.

Le principal enjeu sera désormais leur intégration dans la circulation urbaine. La sécurité des piétons, le partage de la chaussée avec les vélos et les voitures, la gestion des situations imprévues et l'acceptabilité par les habitants devront être évalués à mesure que les expérimentations se multiplieront. Au Royaume-Uni, l'extension des robots sur les trottoirs suscite déjà des interrogations sur la cohabitation avec les piétons.