Accueil

Bugatti

Actualités

Bugatti l'a compris : les écrans ne sont pas un luxe

Mate Rimac affirme que les constructeurs automobiles européens ne devraient pas essayer de battre la Chine à son propre jeu, car ils perdraient.

Bugatti l'a compris : les écrans ne sont pas un luxe

Photo: Rolls-Royce

Par: Adrian Padeanu

Publié par: Lucas Huaumé

6 Oct à 11:08

Ajouter Motor1.com en tant que source préférée sur Google

Partager

L’industrie automobile européenne traverse une période difficile, et Mate Rimac avance une solution assez simple : arrêter de vouloir battre les constructeurs chinois sur leur propre terrain. Autrement dit, moins d’écrans géants, moins de boutons remplacés par des surfaces tactiles, et une obsession moins marquée pour les vitesses de recharge. Le patron de Bugatti estime au contraire que les constructeurs européens devraient se concentrer sur ce que la Chine ne peut pas reproduire aussi facilement : le luxe et le savoir-faire artisanal, avec des matériaux réellement haut de gamme.

Rimac illustre son propos en examinant l’habitacle d’une Rolls-Royce Silver Seraph (également apparentée à la Bentley Arnage), en montrant le cuir, le bois et les autres matériaux de qualité utilisés à bord. Le message est assez clair : voilà à quoi ressemblait autrefois le luxe, et c’est peut-être quelque chose que l’industrie automobile européenne a perdu de vue en courant après les dernières tendances technologiques.

Ces dernières années, l’industrie automobile a transformé les habitacles en démonstrations technologiques. Les écrans sont devenus plus grands, les commandes physiques ont disparu, et les constructeurs communiquent régulièrement sur la puissance de calcul embarquée dans leurs derniers modèles. Rien de tout cela ne rend nécessairement une voiture plus luxueuse.

 

Mate Rimac estime que les marques doivent trouver leur créneau

Un écran de 12 pouces reste un écran de 12 pouces, qu’il soit installé dans un crossover familial à 30 000 € ou dans une voiture de luxe à 300 000 €. Dans certains cas, le modèle le moins cher peut même offrir un écran plus grand. C’est là que l’argument de Rimac devient particulièrement intéressant. Selon lui, les constructeurs européens doivent trouver leur propre niche, un peu comme la Suisse l’a fait avec l’horlogerie. Les entreprises suisses ne cherchent pas à fabriquer les montres les moins chères du monde. Elles misent sur le savoir-faire et l’exclusivité, en vendant des volumes relativement faibles tout en captant une part importante des profits du secteur.

C’est une stratégie séduisante pour les marques situées au sommet du marché. Bugatti, Rolls-Royce, Bentley, mais aussi certaines offres les plus onéreuses de BMW, Porsche ou Mercedes, peuvent justifier des tarifs élevés grâce à des habitacles finis à la main, des matériaux rares et le sentiment d’acheter quelque chose de véritablement spécial.

Une solution qui ne peut pas s’appliquer à tout le monde

Mais un problème de taille apparaît lorsqu’on veut appliquer cette philosophie à toute l’industrie automobile européenne : tout le monde ne peut pas devenir Bugatti. Son ancienne maison mère, Volkswagen, ne peut pas soudainement transformer la Golf en compacte de luxe à plus de 100 000 € et espérer conserver des millions d’acheteurs.

Renault ne peut pas recouvrir chaque Clio de cuir et de fibre de carbone. Skoda ne peut pas métamorphoser l’Octavia en montre suisse sur quatre roues. Même les constructeurs premium comme BMW et Mercedes ont encore besoin de modèles relativement abordables pour faire tourner leurs usines et maintenir des volumes de vente élevés.

bugatti-dit-non-faux-sons-moteur

Bugatti La Maison Pur Sang Veyron 20 ans

Photo : Bugatti

Les constructeurs généralistes ne doivent pas courir après le luxe

C’est la partie du raisonnement de Rimac qui mérite d’être nuancée. Oui, les constructeurs européens ne devraient probablement pas copier aveuglément toutes les tendances venues de Chine. Il est légitime de se demander si les acheteurs veulent vraiment d’immenses écrans à la place des commandes classiques, ou si la seule vitesse de recharge suffit à convaincre les clients. Et il y a certainement de la valeur à proposer autre chose qu’une simple liste de caractéristiques techniques.

Mais les constructeurs généralistes font face à un problème totalement différent de celui de Bugatti. Ils doivent produire des voitures que des millions de personnes peuvent réellement s’offrir. On ne résoudra pas le problème de compétitivité de l’Europe en rendant chaque voiture plus chère, car de nombreux clients ne recherchent pas du cuir cousu main, des essences de bois rares ou des inserts finis individuellement. Ils veulent une voiture pratique, capable de les emmener au travail, d’accueillir la famille et de ne pas coûter une fortune.

Autre réalité dérangeante : les constructeurs chinois ne se limitent pas à fabriquer des voitures à bas prix avec des écrans géants. Eux aussi montent en gamme, et proposent de plus en plus souvent des matériaux convaincants, des intérieurs soignés et de la technologie à des prix que les fabricants européens peuvent avoir du mal à égaler. Ajouter simplement du cuir et supprimer des écrans ne suffira pas à créer comme par magie un produit imbattable.

Bugatti La Maison Pur Sang Veyron 20 ans

Bugatti Tourbillon

Reste que l’idée générale de Rimac mérite réflexion. L’Europe n’a pas forcément besoin de gagner la bataille du plus grand écran, de la batterie qui se recharge le plus vite ou de la liste la plus longue de fonctionnalités logicielles. Elle doit surtout comprendre ce qui rend ses voitures désirables au départ.

Pour Bugatti, la réponse est évidente : exclusivité, artisanat et budgets hors norme. Pour le reste de l’industrie, la réponse devra sans doute être un peu plus complexe.

Lire aussi

Bugatti dit non aux faux sons de moteur, oui aux sonorités de V16 « sales et brutes »

La Bugatti Veyron Wimille pulvérise le record des enchères à 5,44 millions de dollars

Partager cet article

Tendances

À quoi ressemble l’intérieur de la nouvelle petite Nissan

À quoi ressemble l’intérieur de la nouvelle petite Nissan

Une Ferrari F50 avec 170 km au compteur sera mise aux enchères pour 20 millions de dollars

Une Ferrari F50 avec 170 km au compteur sera mise aux enchères pour 20 millions de dollars

Renault Kangoo électrique : 354 km d'autonomie et une recharge plus rapide

Renault Kangoo électrique : 354 km d'autonomie et une recharge plus rapide

Le concept R8 Gordini amené à être produit dans le futur ?

Le concept R8 Gordini amené à être produit dans le futur ?

DERNIERS ARTICLES

RECOMMANDÉ POUR VOUS



Bugatti Tourbillon : 1 800 chevaux au soleil



Un nouveau SUV aux lignes tout-terrain fait son apparition



La Bugatti Veyron Wimille pulvérise le record des enchères à 5,44 millions de dollars



Renault Kangoo électrique : 354 km d'autonomie et une recharge plus rapide



La prochaine voiture de sport de Porsche aura des batteries à la place de l’ancien moteur à essence



Batterie de voiture électrique : l’IA révèle sa durée de vie restante



Jeep relance la production de nouveaux véhicules électriques en Chine avec Dongfeng