Chaque journaliste de notre rédaction a pour but de vous présenter leur garage rêvé, avec un nombre de voitures et un budget illimités.

Souvent, je me demande à quoi sert mon métier. Puis j'arrête de me poser ces questions seulement quelques secondes après parce qu'à la simple idée d'imaginer certains sauver des vies, braver des incendies ou encore prendre des décisions gouvernementales qui peuvent influer sur la vie de plusieurs millions d'Autochtones, me suffit à me dire que ce métier n'a rien d'utile dans le sens où, s'il s'arrête, la société, elle, ne s'arrêtera pas.

Pour me raccrocher à quelque chose, je me dis que mon métier permet de divertir les gens quelques minutes quand il s'agit de sujets plus ou moins légers. Pour des sujets plus travaillés, tels que les essais, je me dis que j'aiguille peut-être une famille, un couple ou un célibataire en quête de sensations, dans sa recherche de la voiture idéale. C'était d'ailleurs ce que mon ancien chef des ventes me rabâchait quand j'étais commercial, avant d'être journaliste, pour une marque automobile premium allemande : "Les gens passent en moyenne sept heures sur Internet avant de venir te voir en concession, donc ne t'inquiète pas, le produit, le client le connaît, et peut-être même mieux que toi". Maintenant que je suis de l'autre côté de la barrière, sans étiquette, j'espère renseigner du mieux possible le client à la recherche de la voiture parfaite pour ses besoins, et non essayer de lui vendre la voiture, le financement qui allait avec et tous les contrats d'entretien qui me rapportaient souvent plus que la vente de la voiture en elle-même.

Même si le métier de journaliste automobile n'a aucune utilité sociale par rapport à un médecin, une infirmière ou encore un pompier (il faudrait d'ailleurs plus souvent que je le rappelle à certains confrères hautains, reconnaissables à leur accoutrement si particulier composé d'une veste matelassée et d'un chèche autour du cou), il n'empêche que j'aime mon métier. J'aime me lever le matin et parler de sujets plus ou moins insignifiants mais divertissants. Nos soucis ne sont en aucun cas comparables à ceux de la "vraie vie". Notre seul souci est, à vrai dire, de composer avec celui qui pense que la Renault Mégane IV R.S. est une meilleure voiture que la Honda Civic Type R, celui qui pense faire 3,5 l/100 kilomètres avec sa Toyota hybride sur autoroute ou encore ceux capables de faire le tour de la terre avec une seule charge dans leur Tesla Model 3 flambant neuve.

Ce métier m'a personnellement apporté pas mal de choses, y compris de toucher au rêve ultime de nombreux fans d'automobile : celui de conduire une Formule 1. Sans compter les innombrables pompes à feu, voitures de luxe et autres sportives essayées sur les plus belles routes et les plus beaux circuits d'Europe. Même la plus immonde des poubelles testée, dans le cadre où nous essayons les voitures, pourrait s'apparenter à une voiture haut de gamme. Rassurez-vous, toutes les paillettes qu'on nous met dans les yeux, on les oublie vite et nous, journalistes automobiles, passons davantage notre temps à nous lamenter sur nos tristes sorts plutôt que de vraiment nous remettre en question.

Tout ça nous amène donc à notre sujet du jour : mon garage de rêve. Une sélection très largement influencée par mon métier, effectivement, vu que j'ai pu prendre le volant des quelques voitures qui figurent au sein de ce diaporama. Les autres, ce ne sont que des fantasmes auxquels je me raccroche en me disant, qu'un jour, je pourrais peut-être rouler avec, tout en étant persuadé qu'elles ne me décevront pas. Dans son garages de rêve, chaque journaliste peut mettre le nombre de véhicules qu'il souhaite et dispose d'un budget illimité. Les rêves n'ayant pas de limites, inutile donc d'inclure des contraintes budgétaires ou d'espace disponible. Partez donc du principe que, pour mon garage de rêve, je vis dans un château avec quatre dépendances pour stocker tous les engins que je vous invite à découvrir dès maintenant.