Découvrez dix anecdotes marquantes des 24 Heures du Mans avec Motor1.

En deux saisons, Sébastien Loeb est devenu la superstar du Championnat du monde des rallyes avec Citroën. Le pilote alsacien, qui avait raté de peu le titre mondial en 2003 à l'issue de sa première saison complète en WRC, a finalement atteint la consécration en 2004, décrochant au passage six victoires.

Touche-à-tout dans l'âme (on le retrouvera plus tard en GT, en Porsche Carrera Cup, en WTCC, en rallye raid, en rallycross, et même en… F1 à l'occasion d'essais en 2008), Sébastien Loeb s'était lancé le défi de disputer les 24 Heures du Mans dès 2005, répondant à l'appel d'Henri Pescarolo. La venue du prodige français était déjà l'attraction de cette édition du double tour d'horloge sarthois.

Lire aussi:

Seulement, pour s'aligner au départ, Loeb devait accomplir une formalité : boucler les dix tours réglementaires du Circuit de la Sarthe lors de la journée test, incontournable pour être admis au départ de la course.

Seulement voilà : la journée test se disputait le 5 mai, soit le même jour que l'étape finale du Rallye de Turquie. Impensable pour Loeb de rater l'épreuve de WRC, alors qu'il venait d'aligner déjà quatre victoires en six courses, et se positionnait déjà pour un second sacre.

Mais le timing du Rallye de Turquie, avec une arrivée à la mi-journée, pouvait lui permettre de combiner une présence au Mans en fin d'après-midi. Mais il allait falloir jouer serré.

Loeb se "compliquait" la tâche en allant… au bout du rallye. Pire : il remportait l'épreuve, son cinquième succès cette saison, et devait encore assurer ses obligations de vainqueur sur le podium. Les célébrations étaient vite expédiées. C'était le début d'une véritable course contre la montre.

 

Entraînement sur jeu vidéo dans l'avion

A peine son trophée en main, Loeb courait vers un hélicoptère qui le déposait à l'aérodrome le plus proche où l'attend un jet privé spécialement affrété. Décollage, direction Le Mans. Le vol se passe sans encombre, et Loeb met le trajet à profit pour continuer de mémoriser le Circuit de la Sarthe sur jeu vidéo, alors que ses collègues sont déjà en train de tourner au Mans.

Henri Pescarolo attend fébrilement l'arrivée de son pilote, qui devra effectuer ses dix tours réglementaires avant la fin de la journée test, à 19h00. Hors, il est déjà 18h02 très précisément lorsque l'avion de Loeb se pose sur l'aérodrome du Mans ! Le champion du monde des rallyes, qui a revêtu sa combinaison aux couleurs de Pescarolo dans l'appareil, fend la foule, escorté par un service de sécurité conséquent, et arrive enfin dans le stand Pescarolo, sous les vivas du public dans les tribunes.

Mais pas le temps de souffler : Loeb reçoit les dernières consignes du patron Henri Pescarolo, mais aussi de ses équipiers Eric Hélary et Soheil Ayari. Casque, gants : le tricolore prend la piste dans une ambiance indescriptible, il est 18h17.

Loeb Le Mans 2005 4

Un dernier tour sur le fil !

Sébastien Loeb aligne ses premiers tours à bonne cadence malgré sa méconnaissance du circuit, passe deux fois par les stands pour changer de gommes notamment, et repart à l'assaut du chrono alors que la tension est indescriptible. Six, sept, huit et neuf tours : il est précisément 18h59 lorsque la Pescarolo n°17 coupe la ligne de chronométrage, ce qui lui donne le droit de boucler un dixième tour et de valider son ticket pour les 24 Heures du Mans !

Deux semaines plus tard, Loeb et ses équipiers seront contraints à l'abandon lors de la course. Mais en 2006, Sébastien Loeb, cette fois associé à Franck Montagny et Eric Hélary, a bien failli créer l'exploit face à Audi, mais les trois hommes s'inclinaient finalement face au géant allemand, pour décrocher tout de même une retentissante deuxième place.