Dyson révèle sa voiture électrique qui ne verra jamais la production
Battre une Ferrari sur une 400 mètres avec une voiture aspirateur, ce n'est pas encore pour tout de suite.
L'histoire aurait été incroyable, une marque d'aspirateur qui se lance dans l'industrie automobile. Quelle folie (ou génie). Et pourtant, ce n'est pas une fake news, Dyson s'est vraiment penché sur la question, pendant deux ans entre 2017 et 2019 après des années de réflexion. Moins d'un an après la fin du projet, James Dyson dévoile le prototype de sa voiture électrique.
L'entrepreneur anglais avait souvent eu pour idée de se lancer dans la course à l'automobile, et en 2017, il franchit le pas avec une équipe de 600 personnes. C'est lors d'une interview avec le Sunday Times que le milliardaire (fortune estimée à 16,2 milliards de livres, soit 18,1 milliards d'euros) a dévoilé ce qui aurait dû être la voiture Dyson.
Projet N526 aurait dû révolutionner le marché de la voiture électrique avec des batteries de dernière génération offrant une incroyable autonomie de presque 1000 kilomètres (600 miles) et ce "même lors d'une froide nuit de février en roulant à 110 avec le chauffage et la radio". L'autonomie annoncée est basée sur la norme WLTP, ce qui aurait cloué le bec à Tesla et ses 500 km d'autonomie.
La vision de Dyson ? Un SUV, pour mieux coller à l'envie des acheteurs. Il s'agissait donc d'un chasseur de Model X. Long de 5 mètres de long, 2 mètres de large, 1,7 mètres de haut et pouvant accueillir 7 personnes, Projet N526 devait être le premier modèle de toute une gamme de véhicules électriques, développés et produits par Dyson.
Malgré un châssis en aluminium, N526 culmine à 2,6 tonnes sur la balance. Avec son air de Range Rover, ce SUV avait tout pour plaire aux clients. Produisant plus de 500 chevaux grâce à deux moteurs électriques de 200 kW et plus de 650 Nm de couple, le projet était néanmoins un peu plus timide que le Model X en vitesse de pointe, puisqu'il est limité à 201 km/h, soit 80 km/h moins rapide que son rival. Et pour les curieux, Sir James Dyson a personnellement essayé le prototype, "en secret, dans un complexe privatisé et protégé".
Côté conducteur, pas d'instrumentation de bord, mais une technologie d'affichage tête haute plus grande pour afficher toutes les informations nécessaires. Tout ce concentré de technologie peut être considéré comme ambitieux pour une marque qui n'a jamais rien produit d'autre que de l'électroménager, mais James Dyson croyait dur comme fer à sa solution. Jusqu'à ce que l'Anglais fasse les comptes.
En effet, il a investi près d'un demi-milliard de livres de sa fortune personnelle pour aider au développement, en plus des deux milliards de livres investis au commencement de ce projet. Un projet coûteux pour une "simple" marque d'aspirateurs, non ? Dyson explique que pour être rentable, la marque aurait dû vendre chaque voiture au moins 150'000 livres (167'000 euros) pour atteindre le seuil de rentabilité. Et donc que les voitures auraient été hors de prix lorsque l'entreprise aurait ajouté sa marge dans la balance.
Alors pour éviter de perdre des sommes astronomiques chaque année à cause de voitures trop chères à fabriquer (et sans solution pour éponger durablement les pertes, comme les grands groupes peuvent le faire avec les voitures thermiques par exemple), Dyson a décidé de débrancher le programme. Il a désormais une autre idée, proposer ses batteries à électrolyte solide aux constructeurs qui ne veulent (ou ne peuvent) pas développer leurs propres batteries. Il faudra attendre des mois, voire des années avant de voir le produit arriver, mais Sir James Dyson est confiant.
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