Audi : vendre la même voiture partout ne fonctionne plus
Selon la vision d’Audi, la voiture mondiale n'existe plus.
Audi a été le premier constructeur premium à s’implanter en Chine, dès 1988, soit six ans avant BMW et 17 ans avant Mercedes. Le trio a vite compris que les clients chinois privilégiaient des voitures plus spacieuses, avec une banquette arrière plus généreuse. Tous se sont adaptés en allongeant l’empattement de leurs modèles mondiaux pour les versions fabriquées localement. Depuis, les marques occidentales ont lancé une multitude de modèles réservés à la Chine, y compris des SUV à empattement long.
Avec l’aide de SAIC, Audi est allé encore plus loin en créant une marque automobile distincte, spécifiquement destinée au marché chinois. La marque récemment fondée AUDI, écrite en lettres capitales et dépourvue des emblématiques Quatre Anneaux, commercialise en Chine deux modèles introuvables ailleurs. Le E5 Sportback, au profil de break, a ouvert la voie avant l’arrivée du SUV E7X, et une nouvelle berline est également en préparation.
Pourquoi Audi se donne-t-il autant de mal ? C’est simple : la marque estime que l’ère de la voiture mondiale touche à sa fin. La période où une formule unique convenait partout est révolue, et les constructeurs doivent adapter leurs véhicules aux préférences régionales. Comme on dit, chacun ses goûts. Dans un entretien accordé au magazine australien GoAuto, le directeur technique Rouven Mohr explique qu’il existe des incompatibilités fondamentales entre les attentes des acheteurs à travers le monde :
« Je pense que l’idée de la voiture mondiale, une voiture qui conviendrait à tout le monde, c’est terminé, honnêtement, parce que ça ne correspond plus ni aux États-Unis ni à la Chine. Il faut ce type de pilier local pour le local. »
Un point de vue partagé par le patron d’une autre marque du groupe Volkswagen en Chine. L’an dernier, Ralf Brandstätter expliquait que si les Européens voulaient « des commandes physiques, une durabilité à long terme et un bon comportement routier », les clients chinois préfèraient des « véhicules connectés, centrés sur l’IA, avec commande vocale fluide et cockpits intelligents ».
Cela ne signifie pas qu’Audi cessera de vendre ses modèles globaux en Chine. Certains modèles à Quatre Anneaux resteront au catalogue, pour répondre aux clients qui souhaitent toujours l’une des appellations historiques et leur caractère allemand. Mais le directeur technique estime que la croissance future viendra probablement de la marque AUDI. Ces modèles diffèrent totalement, à l’intérieur comme à l’extérieur, de ceux qui arborent l’emblème emblématique, apparu en 1932, lors de la création d’Auto Union.
Et les modèles AUDI dédiés à la Chine ne sont pas les seuls à adopter un style inédit. La marque Audi « historique » adopte elle aussi un nouveau langage de design. On l’a déjà aperçu sur les concept-cars C et Nuvolari, et l’A4 électrique devrait être le premier modèle de grande série à l’utiliser à son arrivée en 2028. La philosophie « Strive for Clarity » apporte aussi des évolutions à bord, Audi prévoyant d’améliorer la qualité perçue et de réintroduire davantage de commandes physiques.
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