La Gordon Murray S1 est la McLaren F1 moderne que nous attendions
La Gordon Murray S1 transforme la S1 LM en une GT V12 plus légère et plus épurée, avec aérodynamique active, boîte manuelle à six rapports et production limitée à 64 exemplaires.
Gordon Murray Special Vehicles a levé le voile sur la nouvelle S1 à The Quail, dans le cadre de la Monterey Car Week : une supercar V12 produite en série limitée, dérivée de la S1 LM dédiée au circuit et pensée pour le grand tourisme. Avec sa configuration à trois places, sa position de conduite centrale, son V12 atmosphérique Cosworth et son obsession de la légèreté, elle évoque une McLaren F1 moderne à bien des égards, sans en porter le nom.
La S1 repose sur une monocoque en fibre de carbone apparentée à celle de la S1 LM, mais troque les éléments aérodynamiques fixes de cette dernière contre une carrosserie plus épurée et un dispositif aérodynamique arrière actif. La garde au sol est relevée et les suspensions assouplies pour privilégier le confort, tout en visant un poids inférieur à celui de la GMA T.50, la précédente supercar inspirée de la F1 signée Murray, tout en restant proche des T.33 et dérivés de la T.50.
Gordon Murray Special Vehicles S1
Groupe motopropulseur V12 et évolutions du châssis
La puissance provient d’un V12 Cosworth 4,2 litres spécifique, donné pour jusqu’à 501 kW et capable de grimper à 12.100 tr/min. Gordon Murray indique que le moteur développe environ 500 Nm de couple, dont l’essentiel est disponible à bas régime afin de favoriser les reprises en usage réel plutôt que la seule performance au tour. Des pistons allégés avec revêtement au carbure de silicium, des soupapes et bielles en titane, ainsi qu’un système de lubrification par carter sec soulignent son caractère très inspiré de la compétition.
Le V12 transmet sa puissance à une boîte manuelle à six rapports, avec un sixième rapport plus long pour le voyage et un cheminement de câbles plus direct afin d’améliorer la précision du maniement. La S1 conserve les voies, l’architecture de suspension allégée et les pneumatiques plus larges de la S1 LM, mais la garde au sol progresse d’environ 10 mm et l’amortissement a été retravaillé pour davantage de souplesse, sans renoncer au ressenti de direction incisif déjà vu sur d’autres modèles GMA comme la T.33 Spider.
Un système aérodynamique arrière actif intégré remplace le grand aileron arrière fixe, la longue lame avant et les bas de caisse profonds de la S1 LM. Gordon Murray Special Vehicles précise que cet ensemble a été mis au point pour favoriser la stabilité à haute vitesse et l’assistance au freinage, plutôt que d’afficher des chiffres spectaculaires d’appui aérodynamique. L’adhérence globale repose donc davantage sur l’équilibre mécanique que sur une carrosserie de type course. Les solutions aéro les plus extrêmes restent ainsi l’apanage de modèles comme la T.50s à assistance par ventilateur, que GMA finalise actuellement comme voiture de piste dédiée.
Gordon Murray Special Vehicles S1
Design, habitacle et production
Tous les panneaux de carrosserie extérieurs de la S1 sont inédits, avec une silhouette plus épurée et une signature lumineuse qui la distingue de la S1 LM, tout en rappelant les formes compactes et à faible traînée de la F1 de route. Les feux de jour sont intégrés dans les projecteurs, tandis que des feux de route auxiliaires prennent place en partie basse de l’entrée d’air avant, en écho au show car Monaco de Murray en 1992. De nouvelles jantes allégées et des rétroviseurs fixés sur les montants A, associés à un discret système de caméra de rétrovision, sont également spécifiques à ce modèle.
Le compartiment moteur est traité comme une vitrine, avec un échappement en Inconel poli et un bouclier thermique plaqué or 24 carats mettant en valeur le V12. À bord, l’habitacle à trois places conserve la position de conduite centrale et la ceinture de caisse basse, mais gagne davantage de cuir, des tissus sur mesure, une isolation phonique supplémentaire, des écrans d’infodivertissement revus et un système audio allégé pour les longs trajets. Le conducteur peut ajuster l’assistance de direction, et de nouvelles portes en élytre avec vitres descendantes remplacent la petite vitre coulissante en Lexan de la S1 LM afin de faciliter l’accès à bord.
Le professeur Gordon Murray, CBE et président exécutif du groupe, présente l’auto comme une alternative plus apaisée à la S1 LM : « C’est une voiture avec laquelle vous pourriez longer la côte entre Los Angeles et Monterey dans un réel confort, tout en profitant de chaque passage de rapport, de chaque virage et de chaque vocalise du V12 lorsque la route se dégage. » La production est limitée à 64 exemplaires dans le monde, chacun configuré individuellement. Le tarif n’a pas été communiqué, et l’intérêt suscité par les précédentes créations inspirées de la F1 de Murray contribue déjà à alimenter la demande.
L'avis de Motor1 : Gordon Murray a adouci les aspects les plus radicaux de la S1 LM pour en faire une voiture réellement capable d’avaler des milliers de kilomètres, tout en conservant son V12 rageur et sa boîte manuelle, avec des réglages davantage orientés vers le confort et la stabilité. Avec sa configuration à trois places et son V12 atmosphérique, c’est probablement ce qui se rapproche le plus, depuis les années 1990, d’une McLaren F1 moderne homologuée pour la route.
Source: Gordon Murray Special Vehicles
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