Aller au contenu principal

La Wiesmann MF5 revient : cache-t-elle encore un V10 BMW ?

La Wiesmann MF5 Tributo fait revivre le nom MF5 à Pebble Beach, signalant un retour aux moteurs thermiques alors que les détails clés du moteur restent à confirmer.

Wiesmann MF5 Tributo
Photo: Wiesmann

Wiesmann renoue avec le V10, du moins dans l’esprit. La marque allemande de niche a dévoilé par surprise la MF5 Tributo à Pebble Beach, pendant la Monterey Car Week, ressuscitant l’une de ses plus extravagantes sportives néo-rétro alors qu’elle était censée miser entièrement sur l’électrique.

Ce revirement est important, car la MF5 originelle, produite en très petite série de 2008 jusqu’à la faillite de Wiesmann en 2013, était en substance une BMW M5 carrossée artisanalement dans un gabarit plus compact et aux lignes galbées. Aujourd’hui, ce blason fait son retour alors que le programme électrique de la marque marque le pas, mais sans moteur confirmé, ce qui laisse planer de nombreuses questions sur le cœur BMW caché sous ce long capot.

Le retour de la Wiesmann MF5 Tributo

Wiesmann Sports Cars présente la MF5 Tributo à Pebble Beach comme un clin d’œil à son passé et comme le signe que les motorisations thermiques reviennent au programme, aux côtés du roadster électrique Project Thunderball, dont le lancement a été retardé. Moins de 200 coupés et roadsters MF5 d’origine ont été produits avant la disparition de l’entreprise, ce qui explique pourquoi le retour de cette appellation précise a une portée bien supérieure à son volume.

La voiture reprend la recette habituelle de Wiesmann : des proportions compactes à moteur avant central, un capot démesurément long et un habitacle bas qui évoque davantage les roadsters des années 1960 que les supercars modernes. Pour ceux qui suivent les marques de performance de niche, elle marque aussi un virage loin de la promesse d’être pionnier du cabriolet biplace 100 % électrique, pour revenir à une mécanique sonore et familière.

Si vous souhaitez revoir les caractéristiques et l’histoire de la Wiesmann MF5 originelle, l’idée de base était celle d’une coque légère associée à une mécanique BMW M très sérieuse, commercialisée à des volumes si faibles qu’ils feraient presque passer la production de Ferrari pour du marché de masse.

Des origines liées au V10 de la BMW M5, et encore beaucoup d’inconnues

Si le nom MF5 fait réagir les passionnés, c’est avant tout pour son moteur. La première MF5 utilisait le V10 S85 de 5,0 litres de BMW M, issu de la M5 de l’époque, fort de 500 ch, avec un 0 à 100 km/h annoncé en moins de 4 secondes et une vitesse de pointe supérieure à 305 km/h. C’est cette combinaison d’une petite carrosserie et d’un gros V10 atmosphérique qui a forgé le statut culte de la MF5 originelle, bien plus que son seul style.

BMW a cessé de produire le V10 S85 en 2010, et Wiesmann a déjà confirmé que la Tributo devra recevoir un autre moteur. La marque a précédemment proposé une MF5 GT équipée du V8 biturbo BMW S63 de 547 ch, tandis que le plus récent V8 S68 de BMW peut atteindre 626 ch dans d’autres applications. Aucune de ces options n’a toutefois été officiellement associée à la Tributo à ce stade, et aucune information n’a encore été communiquée concernant la transmission ou le tarif.

Comme l’a rapporté CarBuzz, Wiesmann assume ouvertement son retour vers le thermique après les retards du Project Thunderball et une demande plus mesurée pour son modèle électrique. Les clients intéressés peuvent désormais verser une réservation de 3 000 € pour la Tributo via le portail en ligne de la marque. Si vous vous demandez comment BMW M fait évoluer ses propres groupes motopropulseurs, notre aperçu du design et des technologies de la future BMW M5 2027 ainsi que notre analyse consacrée à la réhabilitation de la BMW M5 E60 V10 montrent pourquoi les moteurs de cette époque continuent de peser autant dans l’imaginaire collectif, et pourquoi il est habile pour une petite marque d’exploiter cette nostalgie à Monterey.

La MF5 Tributo relève moins d’une démonstration technologique que d’un état d’esprit : Wiesmann remet au goût du jour l’expérience viscérale et analogique qui a construit son image, en attendant que son programme électrique se concrétise, tout en renouant avec les passionnés et en maintenant sa visibilité lors d’événements très exposés.