Au sujet des nouveaux diesels Euro 6...

Depuis quatre ans, Volkswagen essaie de passer outre le Dieselgate, le scandale de triche sur les émissions polluantes. Celui-ci aura en effet coûté 30 milliards d'euros au groupe allemand, qui doit toujours se dépêtrer de plusieurs centaines de milliers de véhicules rachetés à ses clients, et s'acquitte régulièrement de diverses amendes. Plus récemment encore, c'est son PDG qui a été mis en examen, avec deux autres anciens membres du Conseil d'administration.

Et alors que VW essaie de faire amende honorable et cherche désormais à se tourner vers l'électrique, la télévision publique allemande SWR (Südwestrundfunk) affirme avoir découvert que le moteur ayant succédé à celui incriminé lors du Dieselgate serait également doté d'un logiciel de triche qui peut détecter les tests sur banc d'homologation. 

Entrés en vigueur à la place des moteurs EA189, les blocs EA 288 respectent la norme Euro 6 et sont utilisés dans les véhicules du groupe depuis 2012, sur des modèles pourvus d'un 1.6 TDI ou d'un 2.0 TDI. SWR assure, pour sa part, que le fonctionnement de ces moteurs est décrit en détail et qu'il existe une "détection de cycle" capable de s'adapter en décelant qu'il s'agit d'un test de mesure sur banc. 

Un expert confirme, Volkswagen dément

Ici, il ne serait toutefois pas question de réduire la puissance du moteur pour en limiter les émissions, mais plutôt d'agir sur la quantité d'additif AdBlue injectée dans le moteur lorsque le logiciel détecte le banc d'essai. Si aucune confirmation n'a été faite au sujet des conclusions tirées par SWR, les documents techniques découverts par la chaîne télé ont été montrés à un expert en échappement, Axel Friedrich, qui est également membre de la commission d'enquête sur le diesel auprès de l'assemblée parlementaire, le Bundestag. Celui-ci est formel et assure que la quantité d'AdBlue injectée sur route est très différente de celle présente lors des tests sur banc d'essai.

De son côté, Volkswagen a démenti les soupçons de tricherie pouvant mener à un nouveau scandale : "Les véhicules équipés du moteur diesel EA288, conformément à la norme d’émissions actuelle Euro 6 en vigueur dans l’Union Européenne, ne comportent pas de reconnaissance de cycle", a déclaré le groupe, qui assure que la possible détection des "courbes de conduite [...] n'ont aucune incidence sur les limites d'émissions." Pour le moment, aucune preuve n'a été avancée et la justice allemande n'a pas encore bougé sur ce dossier.

'