Recharge rapide - La France en retard sur ses voisins ?
Seuls 11% des infrastructures de recharge du Vieux Continent ont une puissance supérieure à 22 kW.
Les voitures électriques connaissent une forte croissance en Europe, mais pour les faire décoller, on le sait, il faut davantage de bornes de recharge. Et surtout, davantage de bornes de recharge rapides et puissantes. L'ACEA, l'association qui regroupe les industriels du Vieux Continent (European Automobile Manufacturers' Association), a fait ses comptes et s'est adressée directement aux institutions européennes pour intervenir.
Seule une borne sur neuf est rapide
Selon les données publiées, il existe près de 225 000 infrastructures publiques réparties dans les 27 États membres de l'UE. Parmi celles-ci, 200 000 (8 sur 9, soit 89 %) ont encore une puissance inférieure ou égale à 22 kW. Ce qui ne permet pas une recharge rapide.
Seuls les 25 000 chargeurs restants (1 sur 9, soit 11 % du total) dépassent 22 kW, ce qui permet aux conducteurs de faire le plein d'électrons très rapidement, peut-être même en moins de 20 minutes.
Où se situe la France ?
En regardant les chiffres publiés par l'association et mis à jour jusqu'à la fin de 2020, on peut lire que la France compte 45 751 points de recharge, dont 42 000 sont lents (<22 KW), soit 91,8 % ! Par conséquent, 3751 points de recharge sont répertoriés comme rapides (8,2 %).
Ce dernier chiffre est bien inférieur à la moyenne européenne qui est de 11,1%.
Appel à l'UE
Face à cette situation, le constat est amer pour Eric-Mark Huitema, PDG de l'ACEA : "Pour convaincre davantage de citoyens de passer à l'électrique, nous devons éliminer tous les problèmes liés à la recharge. Les gens doivent voir beaucoup de chargeurs dans leur environnement quotidien et ces points de charge doivent être rapides et faciles à utiliser, sans avoir à faire de longues files d'attente".
L'association exhorte donc "le Parlement européen et le Conseil à renforcer de manière significative la proposition faite par la Commission européenne" avec la directive Dafi sur les infrastructures de carburants alternatifs, qui est actuellement en cours de mise à jour et qui est considérée comme cruciale pour le succès du projet Fit for 55 (paquet de 12 propositions législatives afin de placer l’Europe à l’avant-garde du combat climatique).
L'objectif est de "faire en sorte que l'Europe puisse construire un réseau de charge dense, avec un nombre suffisant de chargeurs rapides dans chaque État membre d'ici 2030". Le jugement porté sur les actions de Bruxelles est toutefois très sévère : "Malheureusement, la proposition de Dafi n'est pas assez ambitieuse pour atteindre cet objectif. En outre, il est totalement inadapté aux nouveaux objectifs proposés en matière de CO2 pour les voitures."
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