Diesel : le gouvernement promet jusqu’à 18 centimes de baisse à la pompe
Le gouvernement va mettre sur le marché 10 millions de barils de gazole issus des stocks stratégiques français.
Les automobilistes roulant au diesel peuvent espérer un peu de répit à la pompe. Face à la flambée des prix des carburants, le gouvernement français a décidé de puiser dans les stocks stratégiques du pays pour mettre sur le marché 10 millions de barils de gazole. L'annonce a été faite mercredi 7 octobre par le Premier ministre Sébastien Lecornu, alors que les cours du pétrole et des produits raffinés restent particulièrement élevés.
Le dispositif s'inscrit dans le cadre d'un accord conclu au sein du G7 le 2 octobre. Les principales économies du groupe ont décidé de coordonner la mobilisation de leurs stocks stratégiques, pour un total de 100 millions de barils de produits pétroliers. La France contribuera à cette opération avec 10 millions de barils de gazole.
Jusqu'à 18 centimes de moins par litre
La particularité du dispositif est que les volumes français ont été achetés avant la flambée actuelle des cours. Ils seront donc mis à disposition des distributeurs à leur prix d'acquisition, explique le gouvernement. Bercy estime que cette opération doit permettre une baisse du prix du gazole comprise entre 12 et 18 centimes par litre, pendant une période d'environ trois mois.
À titre d'exemple, une baisse de 12 centimes représente 7,20 euros économisés sur un plein de 60 litres. Avec 18 centimes de moins, l'économie atteint 10,80 euros. Le gouvernement évoque de son côté une économie pouvant atteindre environ 10 euros sur un plein moyen.
Il ne s'agit toutefois pas d'une baisse uniforme garantie de 18 centimes dans toutes les stations-service. L'estimation du gouvernement correspond à l'effet attendu de la mise à disposition de ces stocks et non à un nouveau tarif réglementé du gazole. Les prix à la pompe continueront notamment de dépendre de l'évolution des cours du pétrole et des produits raffinés.
Une mesure prévue pour trois mois
Les 10 millions de barils représentent une part importante de la consommation française de gazole : le gouvernement estime que 54 millions de barils sont consommés sur une période de trois mois. Les volumes libérés seront donc encadrés afin de ne pas compromettre la sécurité d'approvisionnement du pays.
La mise en œuvre doit également faire l'objet d'un suivi renforcé. Les distributeurs seront réunis à Matignon et les services de l'État contrôleront la répercussion de la baisse afin d'éviter que celle-ci ne soit absorbée par une augmentation des marges.
Les stocks seront ensuite reconstitués progressivement, une fois la crise passée et en fonction des conditions de marché. Il s'agit donc d'une mesure temporaire destinée à amortir le choc actuel, et non d'une modification durable de la fiscalité sur le diesel.
Pour les automobilistes, l'enjeu sera désormais de savoir à quelle vitesse cette baisse se retrouvera réellement sur les panneaux des stations-service. Si l'estimation haute du gouvernement se concrétise, un plein de 60 litres pourrait coûter une dizaine d'euros de moins. Un coup de pouce loin d'être négligeable pour les gros rouleurs et les professionnels, alors que le diesel reste largement utilisé en France, par les usages, les transports ou l'agriculture.
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