Petit moteur au grand cœur ?

Chez Porsche, les déclinaisons se multiplient tout comme les profits. Chaque année, le constructeur allemand enchaîne les records de livraisons un peu partout dans le monde. Grâce à une gamme tentaculaire, Porsche arrive aujourd'hui à séduire bien plus que le client avide de voitures sportives, un client qui, soit dit en passant, se fait de plus en plus rare (ou de plus en plus frileux). Avec le Cayenne, le Macan ou encore la Panamera, Porsche a réussi à relever la tête en l'espace d'une quinzaine d'années pour être aujourd'hui l'un des tout meilleurs en matière de rentabilité.

Malgré l'essor d'une gamme moins axée sur le sport automobile, il n'en demeure pas moins qu'il subsiste toujours une clientèle fidèle concernant les modèles les plus sportifs. Preuve en est, l'indétrônable 911 s'est encore vendue à environ 32'000 unités dans le monde en 2017. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, c'est plus que le duo 718 Boxster / Cayman qui a trouvé environ 25'000 clients l'année passée. Mais la tendance devrait s'inverser en 2018, d'une part car la Porsche 911 type 991 vit sa dernière année de commercialisation avant l'arrivée de la type 992, et d'autre part car la gamme 718 s'enrichit d'un modèle GTS. Alors que vaut-il par rapport à une version S ? Malgré la reconduite du quatre cylindres à plat, le plaisir est-il toujours au rendez-vous ?

Porsche 718 Boxster GTS

Petites retouches esthétiques

Difficile de distinguer une version S d'une GTS au premier coup d'œil, même pour les plus initiés. Disons que ses badges vont peut-être trahir son identité, si du moins ceux-ci n'ont pas été retirés au moment de la commande. De série, la Porsche 718 Boxster GTS hérite de jantes de 20 pouces, de blocs optiques sur fond noir ou encore de l'échappement sport matérialisé par deux canules d'échappement noires.

Porsche 718 Boxster GTS
Porsche 718 Boxster GTS
Porsche 718 Boxster GTS

À l'intérieur, notre modèle d'essai bénéficie des sièges Sport Plus à réglages électriques et d'un intérieur mêlant le cuir et l'Alcantara. Comme à l'accoutumée chez Porsche, l'ensemble ne souffre d'absolument aucune faute de goût. Les assemblages sont précis et millimétrés, les matériaux utilisés sont de qualité et l'ergonomie est excellente. Le Boxster est encore un adepte de la philosophie "un bouton pour une fonction", et autant vous le dire tout de suite, on s'y retrouve plus rapidement. Cela va globalement à l'encontre de la nouvelle Panamera et du nouveau Cayenne, qui bénéficient d'un ensemble plus technologique avec plus d'écrans et surtout beaucoup plus de fonctions, mais condensées au sein d'un système d'info-divertissement un peu plus complexe.

Porsche 718 Boxster GTS
Porsche 718 Boxster GTS
Porsche 718 Boxster GTS
Porsche 718 Boxster GTS
Porsche 718 Boxster GTS

Au sein du Boxster GTS, tout tombe naturellement sous la main. Tout est également tourné vers le conducteur et la position de conduite est juste parfaite. Pour les amateurs ou les puristes, sans pour le moment parler de la mécanique ou de sensations de conduite, le 718 Boxster GTS frôle une nouvelle fois la perfection en la matière. Pour ceux qui recherchent un peu d'espace à l'intérieur, il faudra faire quelques concessions néanmoins et s'orienter vers les deux coffres disponibles. Au total, ce sont 250 litres de contenance qui s'offrent au conducteur et à son passager, de quoi largement y loger une valise cabine et un deuxième bagage dans le compartiment situé à l'arrière. Parfait pour un week-end.

Porsche 718 Boxster GTS
Porsche 718 Boxster GTS

Le son sanguinolent ?

En position centrale arrière, on retrouve le flat-four 2,5 litres turbo développant 365 chevaux et 430 Nm de couple. Pour vous donner un petit ordre d'idée, c'est 15 chevaux et 10 Nm de plus qu'un 718 Boxster S. Porsche annonce un 0 à 100 km/h en 4,1 secondes et une vitesse maximale de 290 km/h. Point de flat-six atmosphérique ou turbo sous le capot donc, pour cela il faudra attendre la version Spyder. Justement, par rapport à l'ancien Spyder équipé d'un flat-six 3,8 litres de 375 chevaux, ce 718 Boxster GTS fait mieux malgré ses deux cylindres et ses 10 chevaux de moins, puisqu'il réclame 0,4 seconde de moins sur l'exercice du 0 à 100 km/h. Comme quoi, le quatre cylindres n'a pas que des inconvénients parfois.

Cette version GTS reçoit quelques modifications non négligeables par rapport à une version S. Les ingénieurs motoristes de la marque ont tout d'abord optimisé le turbo avec une pression portée à 1,3 bar (contre 1 bar sur le S), une turbine de compresseur agrandie de trois millimètres et un nouveau collecteur d'admission. Avec tout cela on obtient seulement 15 chevaux de plus, me direz-vous ? Effectivement, cela peut paraître assez étrange mais disons que Porsche se laisse de la marge pour d'autres versions plus puissantes à l'avenir.

Porsche 718 Boxster GTS
Porsche 718 Boxster GTS

Notre modèle d'essai est équipé d'une boîte robotisée à double embrayage PDK à sept rapports (en option à 3282 euros) qui permet de distribuer la puissance uniquement aux roues arrière. De série, cette version GTS est pourvue de quelques éléments mécaniques plus ou moins intéressants dont notamment le Porsche Torque Vectoring (PTV) avec blocage du différentiel arrière, le Pack Sport Chrono ou encore l'échappement Sport. Trois options sur le Boxster S qui vous demanderont une rallonge de 5100 euros. L'échappement a été l'un des éléments retravaillés par Porsche suite aux critiques de la presse et des clients à ce sujet, jugeant la sonorité pas très agréable.

Grâce à l’ajout d’un volume tampon faisant office de résonateur et d'une meilleure perméabilité permettant d’améliorer l’efficacité en cas de fortes charges, la sonorité est bien plus engageante et caverneuse par rapport à un Boxster classique. Pas de quoi non plus renouer avec les envolées lyriques du flat-six de l'ancienne version, mais le contrat est globalement rempli.

Porsche 718 Boxster GTS
Porsche 718 Boxster GTS
Porsche 718 Boxster GTS

Authentique sportive ?

Le juge de paix pour une Porsche, c'est bien évidemment son essai routier. Le temps de rejoindre des routes plus propices à l'utilisation d'une telle machine, force est de constater que le Boxster GTS brille une nouvelle fois par une jolie polyvalence en milieu urbain. Avec une consommation relevée de moins de 10 l/100 km tant bien en ville que sur autoroute, notre Boxster n'a rien à envier aux multiples trois cylindres turbo qui gangrènent peu à peu nos routes. Là encore, il est parfaitement envisageable de s'organiser une journée sur piste et de rentrer avec la même voiture le soir-même chez soi. C'est ce qui a globalement toujours fait la force de Porsche cela dit.

Une fois les routes bondées de la région parisienne derrière nous et les petites routes sinueuses du Vexin devant, il est tant d'actionner le mode "Sport+" via la petite molette sur le volant et de voir ce que cette version GTS a dans le ventre. Le moteur quatre cylindres fait preuve d'une fougue non dissimulée et propulse les 1460 kilos de la voiture à des vitesses inavouables sans que l'on s'en rende vraiment compte. Avec la boîte PDK qui assure des passages de rapport à une vitesse phénoménale et qui a également le pouvoir de lire dans vos pensées et d'adapter ses passages de rapport en fonction de votre type de conduite, vous n'éprouverez à aucun moment le besoin de vouloir contrôler vous-même la gestion de la boîte.

Porsche 718 Boxster GTS
Porsche 718 Boxster GTS

Pour un quatre cylindres, l'allonge est assez impressionnante, tout comme la plage d'utilisation. Le moteur rupte à environ 7200 tr/min et distille des sensations de véritable sportive. La position centrale arrière du moteur permet au Boxster d'afficher un équilibre assez remarquable et, comme on le dit assez souvent, une plus grande facilité d'utilisation par rapport à une 911 par exemple, un peu plus exigeante en conduite dynamique. Une fois l'ESP déconnecté, notre Boxster GTS nous autorise de jolies glissades en sortie de courbe à la remise des gaz, mais jamais violentes et surtout jamais sans nous surprendre. Tout se fait assez naturellement et la voiture se replace dans sa trajectoire sans coup de raquette, du moment où l'on se montre assez doux avec le dosage de l'accélérateur. Tout paraît extrêmement facile à son bord. Mention spéciale également à l'ingénieur en charge de l'ESP qui, même activé, autorise quelques mouvements du train arrière et où l'intervention de l'ESP se fait à peine ressentir.

C'est d'une pureté absolument jouissive, c'est typiquement ce que l'on recherche à bord d'une voiture de sport, et c'est pourquoi Porsche est aujourd'hui la référence en la matière.

Le châssis est tout bonnement réglé à la perfection avec un train avant d'une précision chirurgicale que l'on place absolument où l'on veut. La direction est précise et incisive, comme on aime sur une voiture de sport, avec un ressenti impeccable et juste ce qu'il faut en remontée d'informations. Le freinage est à la hauteur, même sans les freins en céramique (en option à 7380 euros), et les pneumatiques P Zéro assurent un grip plus que correct, malgré un essai réalisé sur des routes grasses saupoudrées parfois d'un peu de neige. C'est d'une pureté absolument jouissive, c'est typiquement ce que l'on recherche à bord d'une voiture de sport, et c'est pourquoi Porsche est aujourd'hui la référence en la matière.

Porsche 718 Boxster GTS

Conclusion, prix et consommations

Comme à l'accoutumée, la version GTS vient se positionner idéalement entre un Boxster S, que l'on peut juger un peu trop sage, et une future version Spyder qui devrait garantir des performances assez spectaculaires. Quoi qu'il en soit, il faudra compter 11'040 euros de plus pour un Boxster GTS par rapport à un Boxster S. En effet, celui-ci débute à partir de 80'870 euros, une addition assez salée même si l'équipement de série est assez complet. Notre version d'essai s'approche des 100'000 euros avec quelques options supplémentaires et dépasse même cette barre fatidique une fois le malus de 10'500 euros ajouté en raison de rejets de 186 g/CO2 par kilomètre.

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En termes de consommations, nous avons relevé des données autour de 14,5 l/100 km. C'est plutôt correct tout en sachant que nous ne nous sommes pas vraiment privés, bien au contraire. Face à elle, la concurrence est assez restreinte. On peut tout de même citer l'Audi TT RS Roadster qui bénéficie de 400 chevaux, mais qui est nettement moins amusante, ou encore l'Alfa Romeo 4C Spider, mais qui propose plus de 100 chevaux de moins (avec un poids sous la tonne toutefois). Au final, la concurrence ne se bouscule pas vraiment, logique après tout puisque le segment n'est pas le plus porteur en ce moment. Disons qu'aujourd'hui, de par son ADN et sa rentabilité record, Porsche est encore l'un des derniers constructeurs légitimes pour produire ce genre d'auto, et cela tombe bien puisqu'ils savent le faire à la perfection.

 
Points positifs Points négatifs
Châssis réglé aux petits oignons Suspensions parfois un peu sèches
Comportement dynamique Encore beaucoup d'options
Équilibre parfait Tarifs élevés

Porsche 718 Boxster GTS

Motorisation Essence, quatre cylindres à plat, 2497 cm³, turbo
Puissance 365 chevaux / 430 Nm
Transmission Boîte robotisée à double embrayage à sept rapports - PDK
Type de transmission Propulsion
0-100 km/h 4,1 secondes
Vitesse de pointe 290 km/h
Poids 1460 kg
Volume de coffre 275 litres
Places 2
Economie de carburant Urbain : 9,5 l/100 km / Extra-urbain : 6,0 l/100 km / Mixte : 7,3 l/100 km
En vente 2018
Prix de base 80'870 €
Prix de la version testée 97'982 €

Gallery: Essai Porsche 718 Boxster GTS (2018)