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Lamborghini avait prédit que les passionnés pleureraient la disparition du V10
Mais le directeur de la gamme Temerario affirme que son remplaçant à V8 est un peu « plus rock-and-roll ».


Par: Adrian Padeanu
Publié par: Lucas Huaumé
29 Sep à 13:08
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Lamborghini savait qu’elle prenait un risque en remplaçant le V10 atmosphérique de la Huracan par un V8 plus petit, qui plus est turbocompressé et hybridé. Le constructeur italien savait aussi que les passionnés fortunés n’accepteraient pas sans réagir la disparition de l’un des moteurs les plus emblématiques de l’ère moderne des supercars, partagé avec l’Audi R8 désormais disparue.
Comme l’a expliqué Paolo Racchetti, directeur de la gamme Lamborghini Temerario : « nous nous attendions à une certaine forme de critique ». Il s’exprimait auprès de CarExpert à Milan, où il a reconnu que la marque savait parfaitement ce à quoi elle renonçait en mettant fin au V10 à très haut régime.
« Je veux dire, ce n’est pas vraiment une critique, c’est plutôt une forme de nostalgie, car nous savions que nous laissions derrière nous quelque chose de vraiment précieux. Nous savions que le V10 atmosphérique était un atout pour la Huracan. Il définissait en quelque sorte toute la voiture, le son même de la voiture. »

Le moteur V10 de la Lamborghini Huracan
Le V10 était l’élément qui définissait la Huracan
C’est bien le cœur de la controverse. Le V10 ne se contentait pas de propulser la Huracan ; il en était sans doute la caractéristique principale. Il montait très haut dans les tours, délivrait sa puissance sans suralimentation et produisait une sonorité devenue indissociable de la supercar Lamborghini « d’accès », si l’on peut l’appeler ainsi.
La Temerario est d’une tout autre nature. Son V8 biturbo de 4,0 litres travaille avec trois moteurs électriques, tout en conservant une zone rouge à 10 250 tr/min. La firme au taureau ne prétend d’ailleurs pas que le V8 sonne comme le V10. Racchetti reconnaît volontiers que le V10 offrait une bande-son plus mélodique. Le nouveau moteur, notamment grâce à son vilebrequin à plat, serait plus incisif et davantage « rock’n’roll ».
Cela peut ressembler à un argument marketing, mais la partie technique est très sérieuse. N’oublions pas non plus que ce moteur doit équiper la Nuvolari, série limitée d’Audi qui n’est pas tout à fait une remplaçante directe de la R8. En revenant d’Ingolstadt à Sant’Agata Bolognese, Lamborghini affirme aussi que le caractère de la Temerario change radicalement à mesure que le régime augmente. Sous 7 000 tr/min, explique Racchetti, elle se comporte comme une supercar raffinée. Au-delà, son tempérament de course se révèle.

Le moteur V10 de la Lamborghini Huracan
Le downsizing devient inévitable avec le durcissement des normes
Bien sûr, Lamborghini n’a pas abandonné le V10 pour contrarier ses clients. Le renforcement des normes d’émissions et de bruit rendait de plus en plus difficile le maintien d’un moteur 10 cylindres atmosphérique compétitif tout en respectant les exigences mondiales. Il en va de même pour la plupart des moteurs de grosse cylindrée, qui cèdent progressivement la place à des groupes motopropulseurs plus compacts, largement électrifiés. Il existe quelques exceptions, dont le V12 de Lamborghini dans la Revuelto, mais lui aussi est hybride.
Pour l’instant, la stratégie consistant à réduire la cylindrée et à électrifier semble fonctionner d’un point de vue commercial. Lamborghini affirme que la Temerario a suscité suffisamment de demande pour remplir environ un an de carnet de commandes, signe que les acheteurs ne rejettent pas la voiture au seul motif qu’elle compte deux cylindres de moins et deux turbos de plus que sa devancière.
Évidemment, cela ne signifie pas que les passionnés ont soudain cessé de regretter le V10. Certaines sensations ne peuvent pas être reproduites par une hybridation, aussi sophistiquée soit-elle, et un moteur atmosphérique reste presque impossible à imiter.
Lamborghini Temerario

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Source: Lamborghini
Le V10 appartient au passé, Lamborghini est passée à autre chose
Mais Lamborghini a tourné la page, et manifestement ses clients aussi. Le chapitre du V10 est probablement clos, et la Temerario incarne une nouvelle formule : moins de cylindres, des turbocompresseurs et l’assistance électrique devenue incontournable.
Il est assez rare, et appréciable, d’entendre un constructeur reconnaître qu’il savait que les passionnés seraient déçus. Les marques automobiles parlent souvent du remplacement de moteurs adorés comme si personne ne pouvait les regretter. Lamborghini ne le fait pas. Elle reconnaît ouvertement que le V10 5,2 litres de la Huracan était spécial et que sa sonorité contribuait à définir la voiture.
Dans le même temps, la Temerario montre pourquoi l’ancienne recette devait évoluer. Un V8 biturbo capable de grimper à 10 250 tr/min, associé à trois moteurs électriques, n’a rien d’un renoncement automobile. Le V10 était peut-être plus mélodique, mais Lamborghini semble bien décidée à faire en sorte que son successeur soit tout sauf ennuyeux.
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Même à l’aube apparente de l’ère électrique, les moteurs thermiques restent au cœur du mode de fonctionnement de Lamborghini. La GT 2+2 initialement prévue en 100 % électrique recevra finalement un moteur thermique lorsqu’elle entrera en production, vers la fin de la décennie.
La raison est simple : les études internes de Lamborghini ont mis en évidence un intérêt client « proche de zéro » pour une voiture électrique. Le PDG Stephan Winkelmann est même allé plus loin, qualifiant les voitures électriques de simple « passe-temps coûteux » dans le segment des supercars haut de gamme.
Source: CarExpert
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